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Deux mille piscines maçonnées dans le sol belge en un an ! C’est le score 2016 des entrepreneurs de piscines. Soit 20 % de plus qu’en 2015 et même 100 % de plus qu’il y a 10 ans. Pour 2017, ils s’attendent à un boom similaire.

Cette tendance lourde n’a pas échappé à la Confédération Construction qui a décidé de créer un "Groupement des entreprises générales de construction de piscines". Pour davantage de professionnalisme et de garanties pour les consommateurs par ces temps de surchauffe, et parce que, comme ailleurs, l’avenir sera à la certification et aux normes et qu’il faut s’y préparer. Mais aussi pour faire barrage aux cow-boys de la profession que Patrice Dresse, directeur général dudit groupement, appelle "les jardiniers du dimanche".

Plongée dans ce marché en 4 grands constats.

1. Un boom, plusieurs raisons : taux d’intérêt, bien-être, image…

Le doublement du marché en 10 ans tient à la conjonction entre taux d’intérêt hypothécaires alléchants et carnets de dépôt insipides et à la combinaison bien-être et bonne forme. "J’ajouterais, et c’est pour moi l’élément le plus important, note Patrice Dresse, l’acceptation sociale. Il y a 15 ans, une piscine trahissait un standing certain. Aujourd’hui, elle n’a plus la connotation ‘signe extérieur de richesse’. Elle s’est démocratisée, tout comme son prix, inchangé depuis près de 20 ans : 2 millions de francs belges avant 2001, 50 000 euros aujourd’hui. Parce que les systèmes sont plus industriels et le coût des matériaux a baissé." Il n’empêche, c’est toujours dans les provinces riches du pays qu’elles s’égaillent. En Flandre d’abord (70 % du marché), en Wallonie ensuite (30 %). "Dans le Brabant wallon, avant tout, poursuit-il, en périphérie de Namur et de Liège, ensuite, et dans les régions frontalières du côté d’Arlon, soutenue par les grand-ducaux ou les Belges travaillant au Grand-Duché, et le Tournaisis, porté par les exilés fiscaux français."

2. Un marché de TPE et PME qui croule sous les commandes.

Ce secteur très chargé étant surtout le fait de très petites, de petites et de moyennes entreprises (de moins de 3 personnes à plus de 120, construisant de 6-7 piscines par an à… 200-300), il est moins flexible. D’autant que le label belge est très apprécié à l’étranger. "Pour la qualité des produits, mais surtout pour la rapidité d’exécution des entrepreneurs belges, indique le directeur du nouveau groupement. Ils sont appelés de partout, surtout de France, jusqu’en Provence. Par des Belges qui y ont une seconde résidence, puis par leurs voisins." Reste que cette surchauffe pose problème. "Elle incite les consommateurs à prendre des chemins de traverse et à choisir des sociétés qui ont moins d’expertise (architectes de jardins…) Or, une piscine, c’est complexe." Et de lister la pression sur la cuve, les fissures, etc.

3. Hors entretiens, un prix minimum de 50 000 euros

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