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Il reste moins de 24 heures pour faire offre pour cette maison de maître du clos des Milliardaires à Bruxelles, mise aux enchères depuis une vingtaine de jours sur le site Internet de la société Troostwijk Real Estate. C’est en effet ce jeudi 28 septembre à 16 heures que la vente se termine.

Et c’est sans doute au cours de ces dernières heures que le prix pourrait prendre son envol, Chris Tangue, responsable de la branche immobilière de Troostwijk en est convaincu. Le bien a été mis à prix à 2,5 millions d’euros. Mercredi midi, il n’y avait eu que 3 enchères permettant d’atteindre une offre de 2 .560 .000 euros. Mercredi à 16h30, le compteur était monté à 5 enchères et à 2. 610. 000 euros. Peu avant minuit, on en était à 6 enchères et la somme augmentait légèrement (2.650.000 euros). Encore trop peu, selon certains experts, pour cette localisation – Square du Bois, la plus exclusive des impasses de la capitale, plus communément appelé le clos des Milliardaires, en bordure du Bois de la Cambre –, cette taille – plus de 1 100 m² habitables –, ce luxe – 3 façades, 5 niveaux dont deux enterrés, des finitions luxueuses, un spa, une piscine couverte, une grande terrasse... mais pas de jardin.

Mais peut-être les Belges ne sont-il pas encore prêts pour ce genre de vente ? A moins que ce soit ce genre de vente qui ne convient pas à l’immobilier de luxe ? Question de temps, au pluriel. Temps de la vente, puisqu’il faut aller chercher l’amateur dans l’extrême pointe de la pyramide, en Belgique ou à l’étranger. Temps de la négociation, puisqu’à de tels niveaux de prix, beaucoup de points sont discutés, les parties se faisant seconder par leurs avocats et leurs fiscalistes. Temps libre, enfin, celui que, généralement, vendeurs et acheteurs ont ou s’accordent. Ils ne sont pas pressés et il n’est pas rare qu’un bien reste 2 à 3 ans sur un marché.

Et si l’évaluation faite pas les agents immobiliers et, surtout, par l’ancien propriétaire d’origine russe, était trop ambitieuse? C’est ce que se demande en tous les cas Chris Tanghe. “En difficulté financière, raconte-t-il, il a d’abord tenté la vente lui-même, dépêchant, depuis 5 ans maintenant, jusqu’à 12 agences immobilières, sans jamais réussir à trouver preneur. Il faut dire qu’il en espérait au départ plus de 10 millions, puis plus de 5 millions... Le marché a bien évoqué une offre à plus de 3 millions d’euros, mais elle n’a jamais été concrétisée. Ses débiteurs se sont finalement lassés, qui, en juin, on saisi le bien. Puisque dans le cas d’une saisie, une vente publique forcée s’impose, la banque a voulu voir comment le marché international réagissait. D’où cette vente par Internet.”

Et d’ajouter que la banque se donnera quelques jours avant de décider si le dernier prix proposé sur le site de Troostwijk l’agrée ou si elle préfère revenir à des us et coutumes plus traditionnels et remettre le bien chez un notaire qui organisera une nouvelle vente publique.