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S’il ne fallait retenir que deux chiffres de la bonne santé d’un marché immobilier, ce serait la prise en occupation, qui traduit le dynamisme des sociétés publiques ou privées et le montant investi. Il fut un temps où la Belgique, Bruxelles en particulier, se gaussait du premier chiffre. C’est qu’avec l’Europe et ses acolytes, cette prise en occupation était florissante (550 000 m²/an en moyenne depuis 2000). Jusqu’en… 2008 où la moyenne est, depuis, tombée à près de 400 000 m². C’est alors que les courtiers se sont tournés vers le second chiffre : les milliards investis dans les bureaux, magasins, entrepôts… !

Assez bizarrement, alors que la prise en occupation vivotait, le marché de l’invest caracolait. "Ce n’est pas aussi clair et il n’y a pas de cause à effet, indique Cédric Van Meerbeeck (Cushman&Wakefield) : L’invest a bien performé de 2000 à 2008, avec un record absolu à plus de 5 milliards investis en 2007. Puis, avec la crise, il a fait ‘plouf’dès 2009 jusqu’en 2013. Depuis, les montants sont sur une pente ascendante, avec une moyenne de 3,6 milliards."

Gros appétit pour les bureaux

Ce regain d’intérêt, 2017 en a bien profité : toutes régions et tous secteurs confondus, il y a eu de l’ordre de 3,2 milliards d’euros d’investissements. "Dont 1,4 milliard d’euros dans les bureaux bruxellois et 300 millions dans leurs homologues régionaux, indique Cédric Van Meerbeeck, 773 millions dans le retail, 300 millions dans l’industriel et 360 millions dans les autres secteurs (maisons de repos, hôtels…)." Il y a eu de très belles transactions (4 de plus de 100 millions), mais moins qu’en 2016 (7). Par contre, il y a eu quasiment autant de belles transactions (une vingtaine entre 30 et 100 millions).

C’est essentiellement Bruxelles qui tire la couverture à elle, surtout ses bureaux "1,4 milliard d’euros, c’est un des plus hauts volumes enregistrés ces dernières années, commente l’expert, grâce notamment à l’appétit d’investisseurs asiatiques. Ce sont des Coréens qui ont enlevé les Engie Towers, le Brederode et le Meeus 8-16. Mais d’autres investisseurs étrangers ont fait leur apparition sur le marché bruxellois."

"Plus largement, ajoute-t-il, on constate un intérêt pour tous les types de produits, tant les bâtiments assortis de baux long terme que des produits qualifiés de ‘value-add’, bien que ceux-ci soient plus difficiles à vendre." De quoi mettre les prix de vente et donc les yields sous pression : 4,4 % pour des bâtiments assortis de baux 6/9, 3,65 % pour les baux à plus long terme.