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Du design et de la performance : les attentes des consommateurs en matière de poêles sont doubles. Batibouw en donne plusieurs exemples, où les lignes épurées et les matériaux les plus esthétiques se disputent la vedette aux économies potentielles et aux avancées technologiques. Depuis deux ans, les pellets sont les stars montantes du secteur : "Nos statistiques montrent une évolution assez phénoménale, avec quelques gros acteurs, notamment en Russie, qui deviennent peu à peu des mastodontes en termes de production" , explique Laurent Somer, chargé de projets à l’ASBL Valbiom. Combustible assez homogène, prêt à l’emploi, permettant un approvisionnement quasi automatisé des poêles et chaudières, le pellet est très prisé depuis deux ans. "Seul bémol, son prix a tendance à croître, et se situe aux alentours de 6 centimes par kWh , tempère Laurent Somer. "Il reste plus avantageux que le gaz naturel et le mazout, mais les écarts ont quelque peu tendance à s’amenuiser." L’autre façon de se chauffer au bois, la bûche, se paie un cran en dessous des prix moyens des pellets, mais les tarifs varient d’un coin à l’autre, selon que vous vous approvisionnez près du lieu de production. Au prisme du kWh, le bois reste donc au final moins cher que les combustibles fossiles.

Rentabilité au bout de trois à cinq ans

L’essor du pellet est confirmé un peu partout. Mais plus largement, c’est le choix d’installer un poêle qui semble significatif. Jean-François Sidler, administrateur-délégué du fabricant Stûv et président de l’Association belge des fabricants de chauffages individuels, témoigne : "Il y a bien sûr l’évolution du prix des combustibles fossiles qui explique le retour en force du chauffage au bois. Mais cette solution s’intègre aussi très bien avec l’habitation énergétiquement performante et la tendance à disposer d’habitacles plus petits : on peut de plus en plus songer à remplacer les installations de chauffage central par des chauffages individuels. Il y a moins d’espace à chauffer et les maisons sont mieux isolées. Dans ce contexte, les poêles au bois sont une alternative de plus en plus judicieuse aux installations lourdes faisant appel au gaz ou au mazout." Si l’installation reste un investissement lourd, à étudier en fonction de votre habitacle et de vos besoins, "il est rentabilisé entre trois et cinq ans plus tard" , soutient Jean-François Sidler. Reste à choisir des solutions conformes et fiables, notamment en termes d’émissions de particules fines.

Reste un autre argument des fabricants, le design. Les brochures des fabricants tels que Flam, Faber ou Kal-fire font étalage du soin apporté à l’esthétique, à l’image des poêles en coin, éclairant deux côtés, des réglages par écran tactile ou des garnitures et finitions personnalisables. "L’intégration architecturale des appareils fait partie intégrante du travail. On a beaucoup progressé à ce niveau, notamment pour offrir des solutions de plus en plus discrètes" , assure Jean-François Sidler. L’homme aime la flamme, il doit aussi aimer les courbes et la pureté des matériaux de son installation. Qui rivalise d’ingéniosité pour donner des flammes aussi dansantes et belles que possible. "On sait qu’aux yeux des clients, la convivialité offerte par le poêle est quelque chose de capital. Il ne s’agit pas que de se chauffer. J’entends certains parents se réjouir du fait que leur poêle détourne les enfants de la télévision. Cette dimension-là est très importante" , insiste Jean-François Sidler. Dernier aspect, les avancées technologiques, notamment en matière de rationalisation de l’emploi du combustible. Flam présente ainsi un poêle capable de réagir à la température ambiante et de s’adapter à la demande de chaleur : "Vous économisez ainsi 40 % par rapport aux poêles traditionnels, avec sept températures possibles à programmer sur 24 heures" , explique Philippe Jalon, directeur technique de Flam.Olivier Standaert