Immo L’enseigne a mandaté Cushman&Wakefield, qui profitera du Mapic pour avancer des pions.


Marks & Spencer a donc décidé, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, de quitter une nouvelle fois et tout aussi précipitamment la Belgique. Son départ est annoncé pour le printemps 2017.

En 2001, l’enseigne comptait 4 magasins (315 emplois) à Bruxelles (rue Neuve), Liège, Anvers (sur le Meir) et dans le shopping de Wijnegem.

Cette fois-ci, elle n’en a qu’un, à Bruxelles (126 salariés), qu’elle a pris en location il y a un peu plus d’un an et demi, en mai 2015. Mais non des moindres : 5.000 m2 sur deux niveaux et 15 mètres de façade, avenue de la Toison d’Or, dans ce nouveau complexe qui abrite aussi le seul Apple Store du pays (sur 1.600 m2), le plus grand Zara (sur 4.200 m2) et un Bodum.

5.000 m2, une taille que l’on peut considérer comme XXL, du moins dans les rues commerciales des centres villes. Sans toutefois être exceptionnelle : le C&A de la rue Neuve est plus grand (9.000 m2), le Primark qui ouvrira prochainement chaussée d’Ixelles aussi (6.000 m2).

Il n’empêche, 5.000 m2 et un loyer annuel entre 8 et 12 millions d’euros «cela ne convient pas à 10.000 enseignes, indique Boris van Haare Heijmeijer, partner Cushman & Wakefield. Mais on a quand même une short list de quelques candidats potentiels. Et on va profiter du Mapic (salon international dédié à l’immobilier commercial qui se tient à Cannes du 16 au 18 novembre, NdlR) pour affiner certains points avec M&S et rencontrer des enseignes susceptibles de s’intéresser à cet espace». Le courtier a en effet été mandaté en exclusivité par M&S pour trouver une enseigne qui reprendrait ses obligations contractuelle (bail…).

Des noms ont déjà circulé. Notamment celui d’Uniqlo, le Zara japonais, présent à Anvers, sur le Meir, et dans le Wijnegem shopping center et qui cherche un pied à terre à Bruxelles. «Il est vrai que le style de bâtiment et sa situation sur la Toison d’Or peuvent intéresser Uniqlo, confirme Boris van Haare Heijmeijer. Mais 5.000 m2, c’est trop grand pour l’enseigne. 2.000 m2 lui suffiraient. Je serais en tous les cas surpris de le voir reprendre le bail de M&S.»

Idem pour Kiabi, qui a ouvert un premier point de vente belge dans le shopping Docks Bruxsel et en ouvrira un second dans le shopping Rive gauche à Charleroi : trop grand et sans doute pas la bonne localisation. L’enseigne française se sentirait mieux chaussée d’Ixelles, comme Primark.

Un «department store», par contre, pourrait se laisser séduire, selon le courtier. Pas un Galeria Inno, qui est installé avenue Louise, mais pourquoi pas un Selfridges & Co - on resterait dans les mêmes sphères britanniques – ou des Galeries Lafayette ?

C&W est en tous les cas confiant : «Cela devrait aller vite».

Mais quelle que soit l’enseigne, elle devra convenir au propriétaire des lieux : le groupe privé belge GH (Gérald Hibert). D’autant que ce dernier ne l’est que depuis peu: c’est fin septembre qu’il a acquis le complexe comptant 4 unités sur 11.000 m2, pour un montant de 180 millions d’euros, à une époque où le départ de M&S n’était nullement envisagé.

Avec ceci qu’il ne faudrait pas s’acoquiner avec une enseigne qui nuirait aux trois autres, autrement dit, ni une trop «discount», ni une trop «basique». «Il faut respecter les affinités des chalands», convient Boris van Haare Heijmeijer.

Il faut dire que le quatuor Apple-M&S-Zara-Bodum fonctionnait bien. Selon les calculs d’Atrium, avant leur installation et après, l’avenue de la Toison d’Or s’est offert 4.000 passants quotidiens supplémentaires.