Immo De communale, la taxe devient régionale. Et Bruxelles ne s’en tient pas qu’aux hôtels.

C’était prévisible car prévu dans l’accord de majorité, ce qui n’a pas empêché le secteur hôtelier bruxellois qui le demandait depuis des années de l’applaudir des deux mains : vendredi, le Parlement bruxellois a approuvé "la taxe régionale sur les établissements d’hébergement touristiques". Une taxe régionale et donc uniforme, alors que, jusqu’à présent (du moins en théorie, puisqu’en pratique, suite aux attentats du 22 mars, cette taxe n’est plus perçue), les communes étaient à la manœuvre. Et chacune avait si pas sa méthode de calcul - par chambre ou par occupant de la chambre; par chambre effectivement occupée, selon un taux moyen d’occupation ou pour toutes les chambres, même vides -, à tout le moins ses montants.

A partir du 1er février 2017, les établissements en question seront tous logés à la même enseigne : une taxe forfaitaire de 4 euros par chambre et par nuitée effectivement occupée, peu importe le nombre de personnes dans la chambre.

Mais "cette forme de taxation simplifiée", comme l’indique le ministre bruxellois des Finances Guy Vanhengel (Open Vld) dans son communiqué, débouchant sur une harmonisation, mais aussi une "transparence de la fiscalité bruxelloise pour le secteur touristique", ne concerne pas seulement les hôtels. Les campings et les "lieux d’hébergement à domicile" (Airbnb…) seront aussi taxés, d’un montant de 3 euros.

La Région-Capitale concrétise ainsi sur le terrain le transfert de la compétence du tourisme, dans le cadre de la dernière Réforme de l’Etat et la volonté du gouvernement Vervoort de mieux agencer les fiscalités régionale et communale. D’autant que s’"il est incontestable que la Région récolte les fruits du tourisme", note encore M. Vanhengel, elle en assume des charges liées à "la sécurité et à l’aide médicale, la propreté et le transport".

Si la taxe est régionale, les communes en restent les principales bénéficiaires : 700 000 pour la Région, 30 millions d’euros pour les communes, via les centimes additionnels.

Le secteur apprécie

Cette réforme s’est opérée"en étroite collaboration avec le secteur hôtelier", qui a apprécié. La Brussels Hotels Association (BHA) a salué cette harmonisation des tarifs, d’autant que "la taxe est globalement une diminution à l’échelle du secteur", s’est réjoui Rodolphe Van Weyenbergh, son secrétaire général. Non sans appeler le gouvernement à respecter sa promesse de prolonger cette réforme par la mise en place de mécanismes retour. "Pour certains hôtels une et deux étoiles, voire trois étoiles, cette taxe pourrait représenter une augmentation, a-t-il précisé. Nous demandons que ceux qui sont dans des zones en cours de développement touristique bénéficient de mécanismes retour à définir avec le gouvernement, ainsi que la délimitation des zones concernées. Il faut que ces hôtels puissent continuer à développer leur attractivité. Il est important que la réforme bénéficie à l’ensemble du secteur."