Immo

AG Real Estate a effectué ce mardi matin un dernier tour du propriétaire de la galerie commerçante The Mint, en face de la Monnaie, avant que les premières enseignes n'ouvrent leurs portes : I'am (bijoux) et Nyx (cosmétiques) le 18, Uniqlo (mode) et Medi Market (parapharmacie) le 19, Kiabi (mode) et Tamaris (chaussures et accessoires) le 20, puis ING la semaine prochaine. Il y aura alors une pause d'un petit mois avant que les ouvertures reprennent mi-novembre avec celles du supermarché Carrefour au -1, de Leonidas (pralines), Hans Anders (opticien), Flying Tiger (objets et cadeaux), et, fin novembre, de Décathlon (sports) et de plusieurs restos, snacks et cafés. Courant décembre, ce sera au tour d'Esprit et de Hema (mode). Certaines au rez, se prolongeant au 1er étage, d'autres au -1. La plupart en grand format, dans une optique de show room.

Toutes les boutiques n'ont pas encore trouvé preneurs. Il reste quelques centaines de mètres carrés sur 15.000 à louer. Soit 3 % de l'offre. Mais des négociations sont en cours. Les 589 emplacements de parking souterrains seront gérés par Interparking, filiale d'AG Real Estate.

Projet compliqué d'un point de vue technique et urbanistique

Le développeur voit enfin le bout du tunnel. Car, à bien regarder les grandes dates de ce projet, ce ne fut pas une sinécure. Acquisition des droits emphytéotiques sur les trois niveaux de l'ancien Centre Monnaie et du parking souterrain à Prowinko en février 2009. Début des travaux d'assainissement en août 2015. Obtention des permis en avril 2016. Finalisation des travaux fin novembre 2017. Dont coût, 23 millions d'euros.

En gros, l'esprit galerie a été supprimé et l'ensemble a été reconstruit comme des pieds d'immeubles. Tous les magasins situés au rez, certains s'étendant au 1er, ne sont en effet accessibles que de la rue. Quant à ceux situés au -1, ils débouchent tous sur le même grand couloir. L'entrée du métro de Brouckère qui émergeait au centre du bâtiment a été déplacée sur un des angles. Mais l'architecture est celle des nouveaux centres commerciaux : double vitrine... Côté Monnaie, on trouve les enseignes de mode, en prolongation de l'offre de la rue Neuve. Sur les trois autres façades, ont été concentrés les services (agence bancaire, agence de voyage, pharmacie, librairie...).

Un chantier pas facile, et pas seulement parce que la surface commerciale s'étend sur 3 niveaux et... que les enseignes sont exigeantes. « Cela a pris du temps car la copropriété a été compliquée à gérer (avec la Stib en sous-sol, Bpost au 2e étage, la Ville dans la tour cruciforme, NdlR). Et que les façades sur lesquelles on a travaillé font partie de la copropriété, indique Serge Fautré, CEO d'AG Real Estate. Il a également fallu sortir les commerçants existants. De plus, le dossier était compliqué d'un point de vue urbanistique et technique. A chaque fois qu'on ouvrait un mur ou un plafond, on tombait sur des techniques qui venaient d'en haut. »

Mais ce n'était pas la seule difficulté que le bureau d'architecture DDS + et l'entrepreneur Herpain ont eu à gérer : « Le plan datait des années 70 et il a été modifié au fil du temps, explique Eric Hennico de DDS +. Chaque jour on faisait de nouvelles découvertes. Les normes incendie ont été imposées en Belgique après la construction du bâtiment qui ne répondait plus aux exigences en la matière. On a recréé des accès livraisons, remplacé la façade en se greffant sur l'ancienne, sans interrompre le travail des occupants... Le bâtiment a en effet continué à fonctionné. Il a ainsi également fallu garantir des accès et évacuations, même provisoires. Et en cours de route, on a aussi effectué les changements demandés par les enseignes : un escalier à la place d'un escalator ou l'inverse, etc. »

« Au coeur d'un milliard d'euros d'investissements »

Mais au-delà de ces difficultés, AG Real Estate est enchanté de l'opération. « On est au coeur d'un milliard d'euros d'investissements à Bruxelles », ajoute Serge Fautré, listant la rénovation de la rue Neuve et de la place Rogier, celle du City 2, le Chambon, Brucity, Actiris, la Bourse, l'îlot sacré... «Cela reflète une chose, en tous les cas : les acteurs immobiliers voient un peu plus loin que l'opinion publique qui, reconnaît-il, a subi un vrai manque de communication, notamment lié à au piétonnier. »