Immo Le cdH fustige la proposition de l’exécutif fédéral de durcir les conditions d’octroi des crédits hypothécaires.

L’initiative provient de la Banque nationale et doit, selon le cabinet du ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA), "encore être examinée au sein du gouvernement". L’idée ? Durcir les conditions d’octroi de crédit hypothécaire par les institutions bancaires pour éviter des risques d’insolvabilité des emprunteurs et de couverture bancaire. Une situation pouvant mener à des bulles immobilières, comme l’a, par exemple, vécu l’Espagne il y a quelques années.

Selon "L’Echo", un projet d’arrêté royal limiterait ainsi fortement le crédit accordé aux futurs propriétaires à maximum 80 % du prix d’achat du bien immobilier concerné. "Cette contrainte obligerait donc les candidats propriétaires à allonger via des fonds propres les 20 % restants ainsi que les frais corrélés, comme les frais de notaire, les droits d’enregistrement et les éventuels frais liés à la rénovation du bien acheté", fustige le chef de groupe cdH au parlement bruxellois, Benoît Cerexhe.

"A l’encontre de la politique bruxelloise"

Cet apport personnel des "25 à 30 %" de la valeur du bien acheté constituerait "un terrible coup dur pour tout qui, à Bruxelles, cherche à devenir propriétaire sans disposer d’un trésor de guerre improbable ou de l’aide très généreuse de parents fortunés", selon l’élu humaniste.

Benoît Cerexhe a calculé que, selon la moyenne des prix des biens immobiliers à Bruxelles en 2016, cette mesure fédérale reviendrait à n’autoriser à l’achat d’un appartement dans la capitale que les ménages disposant d’environ 65 000 euros en fonds propres. Ce chiffre monte à 135 000 euros lors de l’achat d’une maison. "Seuls demain, les personnes fortunées ou les enfants de familles aisées pourraient encore acheter un bien à Bruxelles si cette mesure devait voir le jour", rajoute Benoît Cerexhe.

D’après le député, cette initiative va "totalement à l’encontre de la politique menée par le gouvernement bruxellois qui a précisément cherché, en réduisant les droits d’enregistrement, à limiter ces fonds propres" lors d’un achat immobilier.

A Bruxelles, la mesure fédérale aura deux effets principaux, selon le chef de groupe cdH : une dualisation accrue de la ville et l’encouragement à l’exode urbain des jeunes et des familles. "Ces deux conséquences sont tout bonnement indéfendables", conclut Benoît Cerexhe.