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Ce n’est pas vraiment une surprise en ces temps d’incertitude : l’encours des comptes d’épargne s’est à nouveau gonflé d’un bon petit milliard et demi d’euros supplémentaires au mois de mai, pour atteindre 226,16 milliards d’euros, selon les dernières statistiques de la Banque nationale de Belgique (BNB). Ces 226 milliards sont, faut-il le souligner, un nouveau record absolu. Les raisons du succès du compte d’épargne sont multiples. Il y a bien entendu la crise, qui pousse pas mal de Belges à thésauriser. Il y a aussi le fait que le compte d’épargne entre en ligne de compte de la garantie des 100 000 euros par client par banque. L’argent placé sur un compte d’épargne bénéficie également d’une belle liquidité, et peut donc être très simplement retiré pour d’éventuels achats, transféré en cas de grosse frayeur ou pour répondre à une offre plus alléchante. Ce succès des comptes d’épargne, qui se confirme de mois en mois, est du reste inversément proportionnel à la rémunération offerte par la plupart des institutions. Le mouvement de baisse des taux, lancé il y a plusieurs mois, s’est d’ailleurs poursuivi voici quelques jours avec l’adaptation par Rabobank.be des taux de ses comptes d’épargne. Il est vrai, aussi, que les alternatives classiques ne sont guère attrayantes: la dernière émission de bons d’Etat, voilà un mois, n’avait réussi à récolter que 46 millions d’euros, contre quelque 5,7 milliards six mois plus tôt. Le rendement proposé était particulièrement faible: 1,78 % net par an pour l’échéance à 5 ans.