3 QUESTIONS À Eric Everard

Charlotte Mikolajczak Publié le - Mis à jour le

Entreprise / Emploi

Il a fondé Artexis dont il est CEO. Organisateur de salons (120 au niveau international) et gestionnaire de trois halls d’expositions (Gand, Anvers et Namur), son groupe compte 350 employés, 10 filiales en Europe et vise un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros.

La première édition de votre salon de l'immobilier professionnel Realty s'est tenue cette semaine à Tour&Taxis (Bruxelles). Son concept - et vous ne le démentez pas - est "copié" sur celui du Mipim (Cannes) organisé par Reed Midem... pour lequel vous avez travaillé il y a quelques années. Une... vengeance ?

Non, l’expérience tout simplement. Ce n’est d’ailleurs pas une formule unique au Mipim. Expo Real (Allemagne) et Provada (Pays-Bas) sont basés sur le même principe. L’objectif n’était pas du tout de dupliquer le Mipim (si Realty n’en est qu’une pâle copie, il ne fonctionnera pas), ni même de le concurrencer (aucune chance de réussir). Pour commercialiser l’événement, il était plus facile de dire qu’il s’agissait du Mipim du Nord; on n’avait pas besoin de donner le mode d’emploi. Mais Realty est autre chose. L’important est de capitaliser sur la Belgique, sur le marché local, sur les atouts de Bruxelles capitale de l’Europe. On verra alors à l’élargir progressivement. Il y a un problème d’excès au Mipim. Pour certains - politiques notamment -, ce sont des coûts exorbitants. C’est peut-être cela qu’il faut saisir comme opportunité.

Pourquoi ne pas avoir lancé Realty plus tôt ? Cela fait des années que les professionnels l'attendaient. Or, vous tombez en pleine crise...

Il faut deux ans pour lancer un tel salon. Dès octobre 2007, on avait regroupé une base d’exposants crédibles. Si on s’était positionné en juillet 2008, on n’aurait pas réussi. Quoi qu’il en soit - crise ou pas crise -, il était important de le faire. On clôture quand même Realty sur une perte. Le budget total atteint le million d’euros pour des revenus de 500000 euros, deux tiers provenant des stands, un tiers des entrées.

A l'heure actuelle, est-ce plus "casse-cou" de lancer un salon professionnel ou grand public ?

La consommation en Belgique est bonne. Nos salons grand public ont très bien tourné cette année. Or, la saison débute traditionnellement en octobre, soit au début de la crise. C’est toutefois plus compliqué de lancer un salon grand public, mais essentiellement parce que tous les thèmes sont déjà couverts. Parallèlement, il existe une telle évolution en matière d’entreprises, que cela ouvre plus d’opportunités de faire des salons professionnels. Sur les 120 salons que nous avons lancés en 10 ans, 110 sont professionnels. Et j’ai revendu ou abandonné la plupart de la dizaine de salons grand public (Zenith, Media Planet, Life² ). La "baseline" d’Artexis, c’est "ultimate market places", c’est-à-dire l’unique salon dans une thématique. C’est cela qui compte : être la référence. On se donne trois ans pour y arriver, pour atteindre la meilleure place du marché. Si on ne peut pas le devenir dans les trois ans, on passe notre tour. Actuellement, on se concentre beaucoup sur notre filiale easyFairs, le Ryanair des salons, dans les secteurs techniques et industriels : deux jours, des modules construits et équipés de 15 m², pas d’options, 3000 euros TTC (on interdit de dépenser plus ). Et ça marche !

Publicité clickBoxBanner