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La Belgique ne fait pas exception à la tendance générale observée en Europe. La police fédérale a en effet récemment opéré un important coup de filet. Elle a mis la main, le 12 février dernier, sur 1700 faux billets, essentiellement des coupures de 50 €, représentant un montant de 78000 €.

Yves Timmermans, le responsable du Centre national d'analyse des faux billets au sein de la Banque nationale de Belgique (BNB), explique que «la situation n'a rien de catastrophique et que le fait que des faux-monnayeurs sont arrêtés signifie que la police fait bien son travail». Par ailleurs précise-t-il, le nombre de faux billets en euros découverts en Belgique l'an dernier représente moins de 25pc du nombre de faux billets en francs belges retirés de la circulation en 2001. Soit 4518 billets (pour un montant de 252110 €) en 2002 contre 20511 en 2001.

Le spécialiste relève que 80pc des fausses coupures sont des billets de 50 € et que même si on constate une amélioration de la qualité du travail des faussaires, «tous les faux qui sont rentrés jusqu'à présent à la BNB étaient détectables à l'oeil nu».

A tester

Pourtant, il apparaît que certaines copies résistent au test des ultraviolets. Certaines agences bancaires auraient ainsi laissé passer des faux qui n'auraient été détectés qu'au siège ou ensuite à la BNB elle-même qui dispose de machines de tri ultra-sophistiquées capables de reconnaître des signes de sécurité qui n'ont jamais été expliqués au grand public.

Chez Carrefour, où les caisses sont équipées de détecteurs UV, peu de fausses coupures ont jusqu'à présent été découvertes. «C'est très peu fréquent», souligne-t-on chez le distributeur.

La société Anker qui vend des systèmes de détections infrarouges n'a pas véritablement constaté de recrudescence des ventes ces derniers temps. Certains pics ont été constatés il y a quelque mois quand la presse a fait état de saisies de faux billets explique tout de même une responsable des ventes.

Par contre, Philippe Pauwelyn, qui importe chez nous l'«Euro-Quick-Tester» (12,5 €) - un crayon qui reconnaît les faux billets grâce à la qualité du papier - constate une reprise des ventes depuis le mois de septembre dernier. «Le système est très facile, extrêmement fiable et détecte de manière immédiate les faux billets en laissant une trace gris-brun indélébile», justifie le vendeur.

Prudence!

Rappelons quelques trucs simples qui doivent permettre de faire la différence entre des vrais et des faux euros.

Les nouveaux billets sont imprimés sur du papier fabriqué à partir de fibres de coton, ce qui leur donne une texture particulière. De plus, certaines zones au recto sont imprimées en relief, ce qui permet de reconnaître le billet au toucher. Un filigrane laisse apparaître une image et le chiffre indiquant la valeur du billet. En inclinant les billets de 5, 10 et 20 €, on constate qu'ils sont dotés d'une bande métallisée holographique où l'on peut reconnaître le symbole de l'euro et la valeur du billet, et d'une bande brillante visible sous une lumière vive. Les autres possèdent une pastille métallisée holographique, qui révèle une image lorsqu'on incline les billets, et d'une encre à couleur changeante.

© La Libre Belgique 2003