Entreprise

Les principaux ministres du gouvernement fédéral (le kern) se sont réunis hier soir, mercredi, sur le coup de 20h. Au menu, était annoncée de manière très hypothétique la détermination du salaire du successeur de Didier Bellens à la tête de Belgacom. Ce dernier gagnait 2,4 millions d’euros par an, pour rappel, et c’était devenu beaucoup trop aux yeux de la classe politique et du grand public. Et encore, ce montant de 2,4 millions ne prend pas en compte les profits que Didier Bellens a retirés de ses stock-options.

Bref, la venue à cette réunion du kern (où d’autres sujets avaient la priorité) de Jean-Pascal Labille (PS), le ministre des Entreprises publiques, a finalement été annoncée vers 22h alors qu’on n’était pas sûr de pouvoir caser ce point sensible à l’agenda des discussions nocturnes.

Et selon nos informations, le ministre socialiste est venu avec dans sa besace la proposition suivante : 500 000 euros de salaire fixe par an, auquel s’ajoute un salaire variable, un bonus, de 30 %. Donc, au total, 650 000 euros.

On est donc nettement en dessous des sommes qui étaient évoquées jusqu’ici. Toujours selon nos informations, il semble que cette proposition de Jean-Pascal Labille avait trouvé, à l’heure où nous bouclons ces lignes, l’approbation des autres partenaires du gouvernement Di Rupo.

Même salaire chez Bpost !

Toutefois, un autre dossier devait également être négocié dans la foulée de celui du salaire du futur patron de Belgacom : celui du salaire du patron de Bpost. En effet, le schéma annoncé est le suivant : la rémunération du dirigeant (Johnny Thijs) de La Poste devait être réduite dans des propositions similaires à ce qui aurait été appliqué chez Belgacom. Finalement, une autre solution a été approuvée hier soir également : le même salaire, tout simplement. Soit 650 000 euros au total en fixe et en variable. Une réunion entre Labille et l’actuel dirigeant de Bpost est annoncée ce jeudi à ce sujet.

Mais pour en revenir à l’entreprise de télécoms, le secret a été très bien gardé toute la journée d’hier sur le montant que Jean-Pascal Labille allait proposer au kern pour le salaire du futur CEO. En fait, apparemment, le ministre avait eu du mal à fixer un chiffre à faire remonter auprès de ses collègues pour validation : il attendait en effet une proposition de la part du comité de rémunération de Belgacom chargé par le gouvernement de plancher sur une rémunération plus basse que celle dont bénéficiait Bellens.

Plusieurs chiffres ont circulé : d’abord, 1,3 million par an sans stock-options, puis entre 900 000 et 1,1 million d’euros… Mais ces hypothèses de travail formulées successivement (et discrètement) par le comité de rémunération n’ont pas trouvé d’écho favorable dans l’aile PS du gouvernement fédéral. En particulier, Laurette Onkelinx, la vice-Première socialiste, avait rejeté très vivement la dernière hypothèse en postant un message fort cassant sur sa page Facebook et en réclamant un chiffre nettement plus bas. Elle a donc eu gain de cause : 500 000 euros avec un bonus de 30 %. Le tout sans stock-options, donc.

Reste une question désormais : qui va accepter de prendre la tête de Belgacom pour une somme bien plus basse que ce qui se pratique ailleurs dans le secteur des télécoms ?