Entreprise

Le groupe pharmaceutique Janssen Pharmaceutica, qui dépend de Johnson & Johnson, fait face à la plus grosse restructuration de son histoire: il a annoncé mardi, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire à Beerse, qu'il comptait licencier 688 personnes à Beerse, Geel et Olen.

La plus grande partie des pertes d'emploi concerne Beerse. Des emplois seront aussi perdus chez Tibotec à Malines et Janssen-Cilag à Berchem, mais l'impact est négligeable. Les pertes d'emplois concernent 521 travailleurs fixes (277 employés, 146 cadres et 98 ouvriers) et 167 temporaires.

Le gouvernement flamand, par la voix de son ministre-président Kris Peeters et de sa ministre de l'Economie Fientje Moerman, a déplore la perte de postes de travail chez Janssen Pharmaceutica. "La Flandre ne peut malheureusement pas échapper aux problèmes structurels mondiaux auxquels doit faire face l'industrie pharmaceutique", soulignent-ils dans un communiqué.

Il n'est pas question de délocalisation et les investissements relatifs aux activités centrales de recherche et développement, production et vente restent en Flandre, rappellent-ils. "La Flandre conserve les centres de recherche principaux du groupe Johnson & Johnson dans le monde", insistent-ils.

Les ministres ajoutent que le gouvernement se tient à la disposition de l'entreprise et des syndicats pour trouver des solutions sociales permettant de réinsérer les travailleurs concernés sur le marché du travail. Les efforts consentis en faveur de ce secteur seront poursuivis en concertation avec les autorités fédérales, dit encore le communiqué.

Le nombre de travailleurs chez Janssen Pharmaceutica en Belgique diminuera donc de 4.700 à environ 4.000. Janssen a l'intention d'externaliser toutes les compétences qui ne sont pas centrales au sein de son organisation.

L'annonce contraste avec la croissance qu'affichait l'entreprise ces dernières années, laquelle est une des figures de proue de l'industrie pharmaceutique belge.

Créée en 1957 par le docteur Paul Janssen, l'entreprise employait déjà plus de 300 personnes quelques années plus tard. Au début des années '70 elle est devenue une filiale de la multinationale Johnson & Johnson. Les activités belges ont occupé au fil du temps une position clé. Les sites campinois sont actuellement les centres de recherche et de développement les plus importants du groupe J&J. Ainsi, 70% de toutes les substances actives pour les médicaments vendus dans le monde sont produites à Geel.

En 2006, Janssen Pharmaceutica, qui a été le plus gros investisseur de Belgique, a dépassé le cap du milliard d'euros d'investissement, soit plus que l'ensemble du budget flamand de la recherche. Une page se tourne donc avec l'annonce du licenciement collectif, et la direction de Janssen Pharmaceutica parle d'un moment très difficile dans l'histoire de l'entreprise. Plus tôt cette année, elle avait déjà annoncé le déménagement de la production de stents vers l'Irlande, entraînant de 60 à 70 pertes d'emplois. L'entreprise avait également cessé d'engager du personnel.

La direction a souligné mardi que Beerse et Geel resteront les sites principaux de production mondiale pour Johnson & Johnson. Ainsi, les investissements prévus à Geel pour un montant de de 130 millions d'euros vont se poursuivre. Les syndicats se sont pour leur part dit abasourdis.

La société mère Johnson & Johnson va licencier au niveau mondial quelque 4.800 personnes.

Les négociations sociales débuteront mardi prochain.