Entreprise L'arrêt de travail initié mardi dans le magasin Lidl d'Ans (province de Liège), suivi mercredi matin par deux autres Lidl liégeois (Seraing et Herstal) fait tache d'huile. Après avoir été informés par leurs délégués syndicaux de l'échec de négociations avec la direction, beaucoup d'employés de magasins ont débrayé.

Les débrayages se sont intensifiés au cours de la journée au sein des 302 magasins Lidl de Belgique.Les syndicats ont encore eu un contact en fin de journée avec la direction, mais les propositions faites sont encore moins satisfaisantes que celles de mercredi matin, et à des "années lumière" des revendications du personnel, déplorent les organisations.

Les travailleurs, qui ont eux-mêmes décidés de débrayer, décideront de la suite du mouvement, explique Mme Delmée. Elle affirme que la direction a fait pression sur les grévistes, ce que cette dernière dément. La vice-présidente du Setca espère que la direction "va enfin entendre les travailleurs plutôt que de les mépriser, eux qui sont très attachés à leur entreprise malgré l'épuisement qui est le leur".

Les travailleurs de Lidl dénoncent une charge de travail au quotidien écrasante et des objectifs de productivité impossible à atteindre. "Le personnel n'en peut plus. Il est épuisé. La direction l'ignore ou veut l'ignorer. Elle propose des mesures ponctuelles pour alléger la charge de travail mais rien sur le long terme", explique Vicky Hendrick.

La permanente syndicale cite quelques exemples de la nouvelle organisation du travail qui pose problème. "Il n'y a plus qu'un ou deux employés par magasin pour s'occuper des caisses. On a aussi basculé une personne par magasin vers une fonction administrative, sans possibilité pour elle de donner un coup de main au reste du personnel si besoin."

Une réunion de négociation entre les syndicats et la direction de Lidl s'est donc tenue mercredi matin et elle a abouti à un échec. "Nos propositions temporaires d'allégement de la charge de travail ont été rejetées, tout comme notre calendrier de négociations", indique Vicky Hendrick au sortir de cette rencontre.

Ce blocage a donc conduit un grand nombre de travailleurs de Lidl à se croiser les bras mercredi après-midi. Le mouvement de grogne devrait se poursuivre jeudi voire au-delà, préviennent les syndicats.

Du côté de Lidl, on se dit "convaincu du retour des partenaires sociaux à la table des négociations". "On va maintenir le dialogue. Nous sommes venus à cette réunion avec des propositions concrètes : un pot d'heures de travail pour permettre qu'il y ait des bras supplémentaires dans les magasins. Nous avons aussi une équipe volante qui vient en renfort dans les magasins où c'est nécessaire", signale Julien Wathieu, le porte-parole de l'enseigne.