Entreprise

Tout heureux sans doute d’entrer en fonction (il dut un peu attendre, il est vrai), le nouveau gouverneur du Hainaut, Tommy Leclercq (on va dire : ex-PS) a vu les choses en grand pour sa cérémonie d’investiture, le 12 septembre dernier. 

Pas moins de 10.000 invitations avaient été lancées; les invités présents furent tout de même 1.500. 

Bon, la grande salle du palais des Beaux-Arts de Charleroi n’a pas été louée pour l’occasion: le collège carolo l’a mise à la disposition du nouveau haut fonctionnaire, saisissant l’occasion de rappeler que la vie hennuyère ne se cantonne pas à Mons… Mais il y eut tout de même orchestre, déploiement policier impressionnant, etc. 

Surtout, on n’attrape pas les mouches officielles avec du vinaigre. Si le service du buffet avait été confié à une école provinciale hôtelière, ce ne fut pas le cas de sa préparation, assurée par un traiteur privé. Ce seul "catering" a pesé, de source provinciale, 18.000 euros.

"Ce n’est pas démesuré, s’est défendu le gouverneur Leclercq à "la Nouvelle Gazette". Quand vous faites le compte, cela ne fait que 11 euros en moyenne par personne : moins cher qu’un fast-food". Vu comme ça, évidemment…

Quant à lui, le ministre des Pouvoirs locaux, Paul Furlan (PS), interrogé au Parlement wallon, s’est moins appesanti sur la dépense que sur le côté "valorisant" de la manifestation (60 ambassadeurs, des ministres, etc.), tout en rappelant qu’il revient à son collègue de la Fonction publique (l’Ecolo Nollet) de contrôler une fois l’an les dépenses réalisées par l’ensemble des gouverneurs de provinces. Pas de quoi convaincre son interpellateur, le député carolo Tanzilli (CDH), pour qui, par les temps austères qui courent, ce faste-là se situe "très nettement au-delà d’une certaine ligne de bienséance et de retenue".

C’est simple, il s’est même trouvé un député provincial, Yves Lardinois (PS), pour avoir ostensiblement boycotté la fête.