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En cette période de départs en vacances, penchons-nous sur cette institution qu’est le Club Méditerranée, une organisation hôtelière proposant aux vacanciers des "villages" éparpillés dans le monde entier. Il est au demeurant inutile de la présenter plus avant, tant sa notoriété est bien établie. Après des années de galère en matière de résultats financiers, elle semble embarquée aujourd’hui dans un "turnaround" qui pourrait cependant se révéler fragile avec le Printemps arabe et la crise financière internationale.

Le Club Med est coté à la Bourse de Paris. Il le fut jadis aussi à Bruxelles. Il faut dire qu’il fut fondé par un Belge, Gérard Blitz, avant d’être repris par le Français Gilbert Trigano, un fournisseur de matériel de camping. A vrai dire, au début, le Club était beaucoup plus rustique qu’aujourd’hui, où il évolue résolument vers le luxe. A juste titre, si on en voit les résultats en monnaie sonnante et trébuchante. Les villages de luxe, ceux qui sont labellisés 4 et 5 tridents selon les usages de la firme, permettent, en effet, une marge bénéficiaire nettement supérieure à celle des autres établissements. Cela, le P.-D.G. Henri Giscard d’Estaing, le fils de l’autre, l’a bien compris. Les analystes sont d’accord. Sur 8 d’entre eux, 6 recommandent d’acheter aujourd’hui la valeur, et 2 de la conserver. Ils apprécient le fait que les demandes pour les villages à 4 et 5 tridents augmentent plus que les autres, ce qui est bon signe. Beaucoup d’espoir se porte par ailleurs sur la Chine, où le Club est allié à l’important conglomérat local Fosun.

Pour la première fois depuis six ans, l’exercice au 31 octobre 2011 se soldait par un petit bénéfice net de 0,07 euro par action. Vu l’évolution des affaires, le consensus prévoit un boni de 0,51 euro en 2012 et de 1,07 euro en 2013. La Bourse, elle, est moins optimiste. Lors de la première phase de la crise, le cours plongeait de 52 euros en 2007 à 10 euros au printemps 2009. Il est vrai qu’en 2009, la société affichait encore une perte nette de 2,30 euros par titre. La cotation remontait quelque peu à 16 euros en 2011, mais, arguant de la situation économique mondiale, elle rechutait à 11 euros cette année-ci. Et dire qu’en 2000, elle valait 150 euros !