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Retrouver l'indépendance. C'est le principal motif de l'opération que viennent de concrétiser 170 consultants d'A.T. Kearney à travers le monde. Ils ont souscrit à un «management buy out», soit un rachat de l'entreprise par ses salariés. L'actionnaire, EDS, avait déjà donné son accord de principe en octobre dernier et A.T. Kearney nous a fait part mardi de la finalisation de cette opération.

«Par ce biais, nous revenons au modèle traditionnel en matière de conseil, à savoir le partenariat», commente Thierry Faut, membre de l'équipe de direction d'A.T. Kearney Benelux. Au niveau mondial, le groupe était, depuis 1995, une filiale du groupe informatique américain EDS «parce que, à l'époque, dans l'euphorie de la bulle des valeurs technologiques (les marchés surévaluaient les titres de ces entreprises en Bourse, ndlr), on considérait qu'il existait une continuité entre les entreprises informatiques et les boîtes de consultance», raconte Thierry Faut.

Il n'en fut rien et A.T Kearney finit par se sentir à l'étroit dans la structure sociétale d'EDS. «C'est un énorme groupe où nous ne représentions qu'une part de 5 à 10 pc du capital. Or, dans cet ensemble, les procédures étaient très standardisées. Ce n'est pas très motivant: les consultants sont plus à l'aise en présence d'initiatives managériales", affirme Thierry Faut. «De plus, une firme cotée en Bourse a tendance à être pilotée en fonction du court terme alors que la consultance nécessite plutôt une vision à long terme.»

Coïncidence: A.T. Kearney fête cette année ses 80 ans. Après sa fondation en 1926 et l'arrivée, en 1929, d'Andrew Thomas Kearney qui lui a laissé son nom, l'entreprise de consultance a ouvert un bureau à Bruxelles en 1971. Actuellement, le siège de la holding est implanté à Londres tandis que le siège opérationnel se trouve à Chicago. A.T. Kearney est présent dans 34 pays à travers 47 bureaux et emploie 2500 employés. Dans le Benelux, l'entreprise occupe 125 personnes dont 9 «partners». Quatre d'entre eux travaillent à Bruxelles. Pour se distinguer de ses concurrents (les Mc Kinsey, Accenture, les «big five», etc.), A.T. Kearney entend travailler «en vue d'un résultat concret et en impliquant davantage les clients», conclut Thierry Faut. Ce qu'elle fera désormais en toute indépendance.

© La Libre Belgique 2006