Entreprise

A l'instar de la SNCB, sa maison-mère, le groupe logistique ABX Logistics Worldwide poursuit son évolution vers des jours meilleurs. Selon nos informations, il a clôturé le premier semestre 2004 par un résultat opérationnel positif et ce, pour la première fois depuis sa création. Difficile d'avoir des données chiffrées chez les responsables, qui affirment que le groupe suit le plan établi. «L'évolution est le résultat de l'impact des plans de restructuration (réduction de personnel; ventes d'activités non rentables en Allemagne, en France, etc.) et des gains de productivité», explique une source proche de la direction. En guise d'exemple sur la réduction des coûts de personnel, les membres du comité de direction sont passés de 18 à 9.

Décision de l'Europe en 2005

Le groupe aurait même stabilisé son endettement net depuis juin 2003. La dette s'élèverait donc aujourd'hui à environ 368 millions d'euros, dont près de 150 millions à l'égard de la SNCB. Sur le plan social, ABX Logistics Worldwide emploie aujourd'hui 12000 personnes, contre 15000 travailleurs il y a quelques mois encore.

Les anciennes divisions en perte sont toujours dans le rouge, mais elles remonteraient la pente. La filiale allemande affiche un solde négatif de 10 millions d'euros au compteur, contre 100 millions en 1997. Différentes solutions sont à l'étude pour régler le cas des messageries domestiques françaises qui ne font plus partie d'ABX Logistics Worldwide.

Des observateurs évoquent notamment la fermeture pure et simple ou le rachat de la société par ses cadres (Management by out/MBO). Parallèlement, 4 sociétés françaises (entre 600 et 700 personnes au total), dont les filiales spécialisées de transport (Lacombe pour du textile de haute qualité, Mitjaville pour le vin), intégreront prochainement ABX Worldwide.

Mais le rapport des commissaires-réviseurs daté du 14 mai 2004 est inquiétant. «Les sous-groupes ABX Allemagne, ABX France et ABX Pays-Bas ont subi des pertes importantes et leurs fonds propres sont largement négatifs. Ces entités ne peuvent poursuivre leurs activités que dans la mesure où elles continuent à recevoir le soutien financier de leur actionnaire majoritaire ou accèdent à d'autres sources de financement.» Ils estiment que l'absence de décision de la Commission européenne sur la légalité des aides octroyées par la SNCB (123 millions d'euros) à sa filiale logistique fait planer une «incertitude significative» sur la continuité de leurs activités. Le verdict de la CE attendu pour novembre ne devrait tomber qu'à la mi-2005.

© La Libre Belgique 2004