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Présent en Belgique depuis moins d'un mois, l'opérateur de télécommunications américain ACN a déjà beaucoup fait parler de lui. Son système de vente en réseau suscite nombre de questions chez ses concurrents qui soupçonnent la société de «vente en chaîne», une pratique interdite par la loi sur les pratiques du commerce.

Ces soupçons ont été renforcés par l'attitude de l'Association professionnelle de la vente directe (APVD), qui a rejeté la candidature d'ACN en faisant valoir que ses pratiques étaient plus que contestables aux yeux de la loi. Beaucoup de questions se posent en particulier sur les 665 euros qu'il faut débourser pour devenir représentant indépendant ACN et sur les primes d'acquisition versées en cas de parrainage de nouveaux représentants.

Du côté d'ACN, qui affirme avoir séduit 505 représentants indépendants et 250 clients durant ses trois premières semaines d'activité, on tient aujourd'hui à calmer le jeu.

«Nous avons l'impression d'avoir été mal compris, tant par la presse belge que par le secteur de la vente directe», explique Pascal Clément, un vieux routier de la vente directe qui a rejoint ACN Europe il y a cinq mois. «Nous avons une équipe spécialement dédiée à l'ouverture de nouveaux pays et nous avons procédé en Belgique de la même manière que dans les douze pays européens où nous sommes présents, soit en toute transparence et en essayant de nous adapter au mieux aux régles locales. L'APVD nous a d'ailleurs fait une série de recommandations auxquelles nous avons d'ores et déjà répondu par l'affirmative».

Pas une arnaque

Cela dit, il n'est pas question pour ACN de changer quoi que ce soit à son système de vente. «Nous n'allons modifier ni notre prix d'adhésion ni nos primes et commissions parce que nous estimons qu'il n'y a pas de raisons de les modifier», répond Pascal Clément. «Nous n'avons jamais été condamnés nulle part et jusqu'à présent, il n'y a même aucune poursuite engagée contre nous en Belgique».

Contestant le fait que la majorité des revenus de sa société proviendrait des adhésions payées par les représentants indépendants, Pascal Clément affirme que 92 pc des 500 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisés par ACN à travers le monde proviennent en réalité des clients de la société.

Et le responsable d'ACN Europe de poursuivre en disant que le paiement des 665 euros de départ n'est pas une arnaque pour les candidats représentants. «En moyenne, un représentant ACN en Europe rentre dans ses frais en 18 mois, même si cela peut aller beaucoup plus vite», affirme-t-il. «Bien sûr, il y en a qui ne récupèrent jamais cette somme de départ, mais nous n'avons jamais promis à tout le monde de devenir riche».

Mais pourquoi le modèle d'ACN est-il remis en cause alors? Ici aussi, Pascal Clément a une réponse: «Parce que nous arrivons sur un marché où nous gênons les acteurs établis».

© La Libre Belgique 2004

M.V.O.