Entreprise

Changement de direction à la tête d’Agoria Wallonie, la branche régionale de la fédération des entreprises de l’industrie technologique. Thierry Castagne (46 ans) s’installera, dès le 1er novembre, dans le fauteuil de directeur général (DG) de la fédération sectorielle régionale. Il remplace à ce poste Georges Campioli qui, à 65 ans, part à la retraite - après 32 ans de maison chez Agoria - et dont il était l’adjoint depuis 5 ans. Il entend poursuivre le travail entrepris par son prédécesseur avec plus d’emphase. "On ne conçoit aucun des programmes d’action ou la stratégie sans les entreprises de la fédération. Mais il y aura trois axes (plus un) sur lesquels on va travailler : le soutien aux entreprises, principalement les PME qui représentent près de 80 % de nos membres (et le cœur du tissu économique wallon) afin de les aider dans le développement de leurs activités et leur implication dans le plan Marshall 2.vert; la formation, afin de lutter contre le manque de personnel qualifié (soudeurs, tourneurs, électromécaniciens, etc.); et la dynamisation du fonctionnement des clusters", nous a confié Thierry Castagne (photo). Il prend aussi de facto la direction de la régionale Liège-Luxembourg d’Agoria. L’axe supplémentaire (+ 1) n’est autre qu’un projet immobilier pour reloger Agoria Liège-Luxembourg et Agoria Hainaut-Namur dans de nouveaux locaux (lire ci-contre).

En attendant, place donc au développement des entreprises wallonnes de l’industrie technologique avec davantage d’accent sur les centres de compétences (Technifutur à Liège, Technofutur à Charleroi, etc.) et l’innovation. "L’industrie technologique est un secteur qui évolue beaucoup dans sa structure, on assiste à une tertiarisation des activités industrielles. Le secteur investit donc beaucoup autant dans les équipements que dans la formation pour relever les défis notamment de la compétitivité", poursuit-il. "Nous sommes le lieu où les pôles de compétitivité assurent les formations liées aux nouveaux développements. Nous sommes dans l’avenir de la Wallonie", renchérit Georges Campioli.

Il faut dire que l’industrie technologique est un acteur important de l’économie wallonne. Elle représente environ 2 900 entreprises employant quelque 56 000 travailleurs, soit 40 % de l’emploi manufacturier. L’an dernier, elle a réalisé un chiffre d’affaires de près de 12,2 milliards d’euros.

La crise, les deux interlocuteurs ne le cachent pas, les entreprises d’Agoria Wallonie en ont souffert. Mais la reprise se fait sentir et les entreprises auraient déjà récupéré une partie de leurs activités perdues en raison de la crise. Peut-on donc envisager la fin des mesures anticrise (chômage temporaire des employés, etc.) ? "On voudrait bien que la dernière prorogation des mesures anticrise décidée en septembre par le gouvernement fédéral soit la dernière. Il y a un frémissement, des signes d’une reprise, mais il faut voir si elle va s’installer dans la durée", dit Thierry Castagne, actif au sein d’Agoria depuis 1990. Il sera remplacé dans sa fonction de directeur d’Agoria Hainaut-Namur par Eric Robert, jusqu’ici conseiller formation-emploi pour Agoria Wallonie.