Entreprise

Le ministre de la Poste, Alexander De Croo, a lancé jeudi un appel aux syndicats et à la direction de bpost à "ne pas envenimer les choses" alors que le conflit social au sein de l'entreprise a amené de nombreux clients de la livraison de colis à quitter l'opérateur pour d'autres cieux. 

"Si bpost entend devenir une entreprise postale à succès solide, elle doit s'engager dans la croissance du secteur des colis. Ce doit être la nouvelle ligne de bpost. Mettre cela en péril revient à mettre l'entreprise en péril", a-t-il averti. Échelonnée sur cinq jours, l'action de grève a débuté il y a un peu plus de 24 heures. Les syndicats et la direction se revoient ce jeudi autour de la table afin de tenter de sortir de l'impasse. Alexander De Croo (Open Vld) a reçu l'ensemble des parties jeudi midi. Il accueille favorablement la reprise du dialogue, espérant qu'elle pourra conduire à des résultats tangibles et permettre de revenir aux bonnes relations sociales qui ont existé dans le passé.

Le ministre libéral flamand a entendu les griefs des organisations syndicales et a clairement convié la direction à agir rapidement afin de maintenir la pression au travail à un niveau acceptable et à résoudre le déficit chronique en personnel. "Il y a un problème sur le lieu de travail et il doit être appréhendé le plus rapidement possible. Cela doit être une priorité absolue", a-t-il estimé.

L'un des problèmes rencontrés par l'entreprise est le recrutement, particulièrement à Bruxelles, Anvers et à la Côte.

L'action a dévissé solidement

M. De Croo a mis en garde face au risque de perte d'activités alors que des clients importants dans le secteur des colis comme Torfs et Coolblue ont déjà annoncé qu'ils feraient temporairement appel à PostNL, Krefel étant passé chez DPD.

Le cours de l'action bpost a dévissé solidement jeudi matin à la Bourse de Bruxelles, au lendemain de la publication des résultats de l'entreprise postale pour le troisième trimestre.

Le ministre De Croo a été interrogé sur le conflit en cours jeudi après-midi à la Chambre.

L'opposition a mis en avant les conditions de travail de plus en plus difficiles à la Poste. Le phénomène n'est pas neuf: "Cela fait des années que la situation est tendue sur le terrain", a fait remarquer Gille Vanden Burre (Ecolo) tandis que Raoul Hedebouw (PTB) rappelait la maigreur des salaires des jeunes travailleurs et la suppression d'une prime annuelle qui les pousse encore un peu plus vers la précarité.

Or, la majorité ne semble pas s'en soucier, ont accusé plusieurs députés. Ceux-ci veulent pour preuve le refus répété trois fois en six mois de recevoir les syndicats de bpost au parlement. Aux yeux du PS, il en va de même pour le ministre. "Enfin, vous les avez rencontrés. Il aura fallu des jours de grève", a regretté Laurent Devin (PS).

La pression financière sur l'entreprise a également été mise en cause. Le gouvernement s'est réservé un dividende semblable à celui des années passées alors que les résultats de l'entreprise se sont dégradés, a souligné Vanessa Matz (cdH).