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CORRESPONDANT EN ALLEMAGNE

Finie l'époque où les emplois dans l'assurance allemande étaient absolument sûrs. Le groupe Allianz de Munich, le plus grand assureur en Europe, vient d'annoncer le départ de 7500 personnes d'ici à 2008, dont 5000 dans le réseau d'assurance allemand et 2500 dans sa filiale Dresdner Bank.

Le conseil d'entreprise et le syndicat Verdi menacent de faire grève: ils trouvent indécent que le groupe licencie au moment où il engrange des bénéfices records. Il y a deux ans le président de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, avait soulevé une tempête d'indignation en publiant d'excellents résultats et en communiquant simultanément la suppression de 6000 postes.

Sur le marché domestique, Allianz a perdu environ un million de clients au cours des dernières années, surtout dans l'assurance automobile. Dans la plus grande restructuration jamais entreprise la société va regrouper les réseaux de vente des secteurs dommage, vie et santé; seule l'assurance industrie, un métier à part, restera autonome. Le centre administratif de Cologne, où travaillent 1300 personnes, sera entièrement fermé; une bonne part des 1650 employés de Francfort devront également partir; à Leipzig, 500 postes sont condamnés. Le jeune président Michael Diekmann explique qu'il ne s'agit pas en premier lieu de réduire les coûts de personnel, mais de restaurer la compétitivité en Allemagne. «Si le client reçoit un meilleur service auprès d'un concurrent à un prix plus avantageux, alors nous le perdrons», dit-il. En réalisant une économie interne atteignant jusqu'à 600 millions d'euros par an, Allianz sera en mesure d'offrir des polices meilleur marché. «L'existence parallèle de centres administratifs faisant la même chose est peu efficace et fort coûteuse», insiste-t-il.

La Bourse de Francfort a salué l'opération. La valeur Allianz y a progressé de 1,36pc à 121,62 euros.

Les analystes relèvent que l'assureur réalise deux tiers de ses bénéfices hors d'Allemagne et qu'il a déjà restructuré les grosses filiales étrangères, AGF en France, RAS en Italie, etc. En 2005, Allianz a réalisé un chiffre d'affaires de 101 milliards d'euros avec 178000 collaborateurs au plan mondial. Le résultat opérationnel a progressé de 13pc à 7,7 milliards d'euros, le bénéfice net a presque doublé à 4,4 milliards. La Dresdner Bank, qui s'est déjà séparée de 16000 collaborateurs par le passé, doit à nouveau en faire partir 2500. La banque de Francfort n'est toujours pas assez rentable: la maison mère veut qu'elle améliore son bénéfice opérationnel de moitié à 1,3 milliard d'euros cette année.

© La Libre Belgique 2006