Entreprise Le groupe de médias et télécoms crée une entité européenne et une américaine.

Sévèrement secoué ces derniers mois sur la Bourse d’Amsterdam, le titre du groupe de médias et télécoms européen Altice regagnait du terrain mardi, au lendemain de l’annonce de la séparation de ses activités américaines et européennes. Les deux entités, qui seront toujours contrôlées par le milliardaire français Patrick Drahi, ont été rebaptisées Altice USA, qui comprend les câblo-opérateurs Suddenlink et Cablevision (Optimum), et Altice Europe (SFR, Portugal Telecom, BFM, "Libération", "L’Express"…), a annoncé Altice lundi.

Cette décision intervient deux mois après que Patrick Drahi a repris lui-même les commandes, suite à une chute boursière spectaculaire de l’action ayant entraîné le départ du PDG Michel Combes. Mardi matin, les investisseurs ont réagi positivement à l’annonce, l’action Altice gagnant 5,02 % à 9,92 euros à la Bourse d’Amsterdam.

Plus de transparence

Selon Dexter Goei, le directeur général d’Altice USA, la séparation a été le fruit d’un débat récurrent en interne et vise également à répondre à une demande de "transparence" d’actionnaires désemparés par la structure jugée "complexe" d’Altice.

Cette restructuration se fera par le biais d’une répartition secondaire d’actions (spin-off) qui séparera Altice USA de Altice NV, la maison mère du groupe de droit néerlandais.

Actuellement, Altice NV possède 67,2 % d’Altice USA. Le groupe prévoit de finaliser cette opération d’ici la fin du premier semestre 2018, après accord des autorités de la concurrence et des actionnaires d’Altice. Patrick Drahi conservera le contrôle des deux entités et la présidence de leurs conseils d’administration respectifs. Il détiendra au moins 51 % des droits de vote de l’entité américaine, qui est le quatrième câblo-opérateur aux Etats-Unis.

Eponger une partie des dettes

Il est prévu de verser un dividende exceptionnel de 1,5 milliard de dollars aux actionnaires d’Altice USA après la séparation. Altice NV utilisera 625 millions de dollars sur les 900 que ce versement lui rapportera pour payer une partie de ses dettes. En résumé, "Altice va siphonner la trésorerie de sa filiale américaine avant la scission, de manière à renflouer le futur groupe Altice Europe, qui devra voler de ses propres ailes. L’idée est sans doute de déconnecter la filiale américaine et donc de permettre une remontée du cours de Bourse", ont estimé les analystes d’Aurel BGC.

Altice Europe se restructurera en plusieurs unités, dont Altice France, Altice International et une nouvelle filiale appelée "Altice Pay TV". Cette opération va permettre à Patrick Drahi d’isoler ses intérêts aux Etats-Unis, où il nourrit de grandes ambitions après les déboires subis par le groupe en Europe. Il avait notamment acquis sur le marché américain les câblo-opérateurs Suddenlink et Cablevision. Il vient d’y lancer la première box permettant aux abonnés d’avoir accès à Internet, au téléphone fixe et à la télévision par le biais d’un seul appareil.