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Le Premier ministre libéral, Albert Pintat, a signé une déclaration dans laquelle il s'engage à faire approuver par le gouvernement, avant le 1er septembre, et par le Parlement andorran, "au plus tard le 15 novembre 2009", un projet de loi qui lève le secret bancaire dans le cadre d'accords bilatéraux d'échange d'information fiscale avec d'autres Etats, selon un communiqué gouvernemental.

Dès approbation de cette loi, la principauté proposera à ses partenaires, "et en premier lieu à la France", de signer un accord bilatéral d'échange de renseignements fiscaux. La signature de la déclaration unilatérale andorrane a eu lieu mardi à Paris en présence du représentant du coprince français et du conseiller fiscal du Premier ministre français François Fillon, précise le texte.

La déclaration souligne qu'Andorre "dispose en matière de coopération internationale d'une législation et de pratiques tournées vers la prévention des activités liées aux délits -en particulier le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme- calquées sur les standards internationaux les plus exigeants". Il rappelle que la principauté "a mis en oeuvre un ambitieux programme de réforme de sa législation financière, comptable et des sociétés".

Evoquant la question des paradis fiscaux, lors d'une intervention télévisée début février, le président Nicolas Sarkozy avait affirmé vouloir "revoir les relations" de la France avec Andorre et Monaco. "Le gouvernement travaille d'arrache-pied pour sortir de la liste des paradis fiscaux de l'OCDE" (Organisation de coopération et de développement économiques), avait alors réagi Albert Pintat. Le président de la République française est coprince de la principauté d'Andorre avec l'évêque d'Urgell en Espagne.

Principauté de 468 km2 située dans les Pyrénées entre l'Espagne et la France, Andorre compte plus de 80.000 habitants. Elle s'est dotée de sa première constitution en 1993 par référendum. Le chef du gouvernement est nommé par un conseil général (Parlement) de 28 membres.

Le Liechtenstein veut établir de "nouvelles bases" pour le secret bancaire

Le Liechtenstein, qui s'est engagé à "reconnaître" les standards de l'OCDE en matière de fiscalité, veut également établir "de nouvelles bases" pour le secret bancaire, a déclaré jeudi le chef d'Etat de la principauté, le prince Alois von und zu Liechtenstein. "Le temps est venu d'adapter notre système d'entraide judiciaire et administrative dans le domaine de la fiscalité à de nouvelles bases", a précisé le chef d'Etat, dans un discours dont l'AFP a obtenu une copie.

"Nous voulons à l'avenir proposer à tous les pays qui sont intéressés une coopération juste et constructive avec le Liechtenstein", a-t-il ajouté. Le petit Etat alpin, au coeur d'une vaste affaire de fraude fiscale en février 2008, s'est dit "prêt à participer encore plus aux efforts internationaux" de lutte contre la fraude fiscale, selon une déclaration du gouvernement.

"Le Liechtenstein reconnaît les standards développés par l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) sur la transparence et les échanges d'information sur la fiscalité et s'engage à mettre en oeuvre ces standards", précise-t-elle. "Nous sommes d'accord qu'il faut établir une coopération en matière de fiscalité", a insisté le prince. En se conformant aux standards de l'OCDE, la principauté s'engage désormais à communiquer, sur demande, aux autorités étrangères des informations sur des comptes bancaires en cas de fraude et d'évasion fiscale, faisant ainsi une concession importante sur le secret bancaire.

Le chef du gouvernement Otmar Hasler a cependant souligné que la principauté -- un des trois pays, avec l'Andorre et Monaco, à figurer sur la "liste noire" des paradis fiscaux "non-coopératifs" en matière fiscale et judiciaire de l'OCDE -- n'abandonnait pas pour autant totalement cette clause qui a permis d'attirer de nombreux comptes dans le petit Etat.