Entreprise Les résultats de la marque à la pomme ont fait progresser le cours de l’action.

Apple, qui se rapproche du seuil symbolique des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, a publié mardi des résultats trimestriels meilleurs que prévu, aidé notamment par une nette hausse du prix de vente des iPhone dont il est toujours très dépendant financièrement.

Bien que les ventes de ses smartphones se soient révélées, en volume, un peu en dessous des anticipations, avec 41,3 millions d’unités écoulées (+1 %), Apple a fait largement plus que le compenser grâce à une hausse des prix. 

Le chiffre d’affaires de ce segment a ainsi bondi de 20 % pour atteindre près de 30 milliards de dollars. Cela est notamment dû à la sortie en 2017 de l’iPhone 8 et surtout de l’iPhone X, dont le prix démarre aux Etats-Unis à près de 1 000 dollars. Des résultats qui ont poussé le titre à la hausse (+5,24% à 200,27 dollars) en cours de séance à Wall Street. Il faudrait que le titre atteigne 206,50 dollars pour atteindre le seuil symbolique des 1 000 milliards de dollars (voir notre infographie) de valeur boursière. La compagnie d’Etat chinoise PetroChina avait brièvement franchi le cap des 1 000 milliards de dollars valeur en Bourse en 2007, lors de son introduction, mais était vite redescendue.

Apple, qui a fini la séance officielle de mardi avec une capitalisation de 935,3 milliards de dollars, deviendrait la première entreprise privée à franchir ce cap.

Guerre commerciale

Les marchés étaient attentifs à tout signe de faiblesse, que ce soit à propos des iPhone ou à propos de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine - un des principaux marchés d’Apple - dont la firme de Cupertino est très dépendante. Outre un chiffre d’affaires de plus de 9,5 milliards de dollars réalisés dans ce pays au troisième trimestre (+19 % sur un an), Apple y fait assembler la plupart de ses appareils. 

Interrogé à ce sujet par des analystes, le patron du groupe Tim Cook s’est voulu rassurant, notant en particulier que ses produits étaient épargnés par les taxes douanières imposées par les deux pays. 

La crainte est que ces tarifs "apparaissent comme des taxes sur le consommateur" et "aboutissent à un ralentissement économique", a indiqué M. Cook. "Ceci étant dit, nous sommes optimistes sur le fait que cela se règle. Il y a une interdépendance entre les Etats-Unis et la Chine, impossible d’y échapper et elle (leur) sert aussi à se rapprocher : l’un ne prospère que si l’autre (prospère) aussi", a-t-il continué.

Avec ces résultats, "Apple a enfin fourni aux marchés et aux investisseurs de la tech de bonnes nouvelles", a commenté l’analyste Daniel Ives du cabinet GBH Insights, notant aussi des prévisions meilleures qu’anticipé jusqu’ici par les marchés, Apple prévoyant notamment un chiffre d’affaires situé entre 60 et 62 milliards de dollars pour le quatrième trimestre, alors que les analystes tablent en moyenne sur 59,6 milliards.

Un contexte délicat

Le secteur technologique a été malmené en Bourse ces derniers jours, dans le sillage des résultats décevants de Facebook puis de Twitter publiés la semaine dernière. 

Tim Cook a évoqué pour son groupe le "meilleur troisième trimestre" de son histoire, aidé par de "solides ventes d’iPhone, des services" et des "produits" (autres que les iPhone, iPad et ordinateurs), à savoir notamment les écouteurs, le boîtier Apple TV, l’enceinte connectée HomePod ou encore la montre AppleWatch. Ce segment a rapporté 3,74 milliards de dollars de chiffre d’affaires, un bond de 37 %, tandis que les services (iTunes Store, Apple Music, Apple Pay…) ont enregistré une progression de 31 %, à 9,6 milliards de dollars. 

Les résultats d’Apple ont toutefois montré combien le groupe dépendait encore financièrement de l’iPhone, qui a encore représenté plus de 56 % du chiffre total du groupe. Apple devrait dévoiler le nouveau-né de la gamme à la rentrée.

Au troisième trimestre, le bénéfice net total a progressé de plus de 30 % à 11,5 milliards de dollars. Rapporté par action, référence en Amérique du Nord, le bénéfice ressort à 2,34 dollars, davantage que prévu par les marchés. Le chiffre d’affaires est également meilleur que prévu, à 53,27 milliards de dollars (+17 %). 

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