Entreprise Grandes manœuvres autour de Belron, qui grandit et emprunte avant cession...

L’on va de surprise en surprise avec D’Ieteren, entreprise familiale belge célèbre pour l’importation et la distribution des véhicules du groupe Volkswagen. Après les cahiers italiens Moleskine, une acquisition à la marge pourrait-on dire, voilà que la société prend une part majoritaire dans le groupe français Maisoning, spécialisé dans les services à l’habitat, via sa filiale Belron, plus connue sous les marques Carglass et Autoglass.

Fondé en 1967 et intégré au groupe Prunay en 2010, Maisoning est spécialisé en travaux, réparations, rénovation et dépannage d’urgence des maisons. D’après le communiqué, il emploie 400 personnes, dont 200 ouvriers, et a généré un revenu de plus de 40 millions d’euros l’an dernier.

Il n’empêche que cette participation de Belron, à hauteur de 80 % dans Maisoning, est troublante, alors que plusieurs grandes manœuvres autour du spécialiste du vitrage automobile sont en cours depuis quelques mois. En mai, D’Ieteren, qui détient 94,89 % de Belron, a annoncé son intention de céder une partie minoritaire de son capital à des investisseurs institutionnels. L’intention du groupe familial est de rester actionnaire majoritaire tout en augmentant son potentiel d’investissement. D’aucuns estiment à 40 % la part cédée à des investisseurs qui pourraient être des fonds.

Emprunter et empocher

Par ailleurs, le 10 octobre, D’Ieteren a annoncé que Belron allait emprunter 1,3 milliard d’euros. Buts avoués de la manœuvre : refinancer une partie d’emprunts privés, rembourser des prêts d’actionnaire existants et - diabolique ! - payer un dividende aux actionnaires actuels, entendez D’Ieteren à quasi 95 %. Emprunter via une filiale pour recueillir des dividendes, voilà une opération originale, qui doit rapporter quelque 450 millions d’euros à D’Ieteren.

De cette manière, le groupe de la rue du Mail à Bruxelles anticipe en quelque sorte ce qu’il va retirer de la cession d’une partie de Belron. Belron qui, dans un double mouvement, fait une acquisition avant d’être en partie cédé… Brouillage de pistes ? Il y a une cohérence dans la mesure où, en mai, D’Ieteren parlait "des recherches récentes de nouveaux services", à propos de Belron. Or, Maisoning est une société de services. En élargissant sa palette, Belron se positionne comme une entreprise multiservice. D’Ieteren s’attend à ce que Maisoning soit un vecteur de croissance qui ait un impact positif sur la rentabilité de Belron, devenu du coup plus attrayant pour les investisseurs.