Entreprise

C'est une vente (forcée) d'actifs européens qui prend plus de temps que prévu. ArcelorMittal, le numéro 1 mondial de l'acier, contraint par la Commission européenne de vendre plusieurs usines et sites en Europe afin de se mettre en conformité avec les règles de la concurrence, suite à son rachat du groupe italien Ilva, a demandé et obtenu de la part de la Commission un délai de trois semaines pour annoncer le nom des repreneurs, apprend-on à bonne source.

La date butoir choisie par la Commission pour faire cette annonce est ce mardi 9 octobre. Un conseil d'entreprise européen se tient ce matin au siège d'ArcelorMittal à Luxembourg. Les dirigeants du groupe devraient y annoncer aux syndicats ce report.

Les sites européens qui sont à vendre sont situés à Ostrava (République tchèque), Galati (Roumanie), Piombino (Italie), Skopje (Macédoine) ainsi qu'à Liège et Dudelange (Luxembourg). Liège et Dudelange sont regroupés en un lot indissociable nommé LDSI. L'entité comprend 764 travailleurs liégeois et un peu moins de 300 luxembourgeois.

Quel repreneur ?

Jusqu'à présent, on sait que le sidérurgiste allemand Salzgitter a fait une offre pour LDSI. De multiples sources indiquent qu'il est plus que probable qu'il soit le candidat retenu par ArcelorMittal. Salzgitter, qui emploie plus de 23.000 personnes de par le monde, présente un bon bilan financier, avec un chiffre d'affaires qui progresse. Le groupe investit fortement dans sa division Aciers plats.

Il nous revient également que NLMK Belgium, présent notamment à La Louvière, a également posé sa candidature. Une candidature qui n'arrangerait pas les affaires d'ArcelorMittal, nous dit-on, car les deux groupes seraient par trop concurrents sur certains produits.

Certaines des usines à vendre sont peu attractives car vieilles, nécessitant d'importants investissements pour les moderniser, situés très loin de tout accès maritime ou qui comprennent des lignes mises sous cocon (à l'arrêt mais relançables). Nul doute que cet élément, parmi d'autres, a induit cette demande de report d'ArcelorMittal à la Commission européenne.

Trois semaines de délai, voilà qui nous amènerait au 1er novembre, date à laquelle ArcelorMittal procéderait à la signature du rachat d'Ilva. Plausible, évoquent des sources syndicales, que le groupe fasse ce jour-là l'annonce du nom des repreneurs.

ArcelorMittal ne commente pas ces informations. En réponse à nos questions, le groupe se contente de signaler ceci : "Des discussions sont en cours entre ArcelorMittal et les candidats repreneurs pour les unités de désinvestissement (les usines et sites à vendre, NdlR). Ces discussions avancent bien et demandent encore un peu de temps pour être finalisées. Dès que les discussions avec les candidats repreneurs auront abouti pour les lignes de notre cluster, nous pourrons annoncer le nom du candidat repreneur qui a la préférence d’ArcelorMittal."

Il nous revient toutefois qu'il y a quelques jours, une source au sein de la division Europe a précisé qu'aucun candidat repreneur n'avait fait d'offre "ferme et définitive" pour les usines européennes.