Entreprise

La direction belge d'ArcelorMittal a annoncé jeudi aux représentants syndicaux liégeois de l'entreprise que quatre usines du bassin de Liège allaient être vendues à un ou plusieurs sidérurgistes concurrents. Il s'agit des lignes de galvanisation 4 et 5 de Flémalle, ainsi que le site de Ferblatil à Tilleur qui comprend l'usine du fer-blanc ainsi qu'une décaperie et un laminoir. Ces deux sites emploient plus de 450 travailleurs, soit un gros tiers du personnel liégeois.

L'annonce, qui a surpris les syndicats par son timing, s'inscrit dans les suites d'une enquête menée par la Commission européenne sur le rachat du sidérurgiste italien Ilva par ArcelorMittal. La Commission a conclu (même si ce n'est pas encore officiel) que cette acquisition plaçait le numéro 1 mondial de l'acier dans une position de monopole sur certains produits plats en acier au carbone. Conséquence : ArcelorMittal est obligé de vendre des usines pour ne pas dépasser le seuil de capacités de production imposé par l'Europe. Le groupe devra les réduire de trois millions de tonnes.

Et c'est donc Liège qui a été choisi, même si d'autres usines ailleurs en Europe pourraient également être concernées. Selon les règles de la Commission européenne, ArcelorMittal a six mois pour conclure la vente. Autre obligation, mais pour les acheteurs cette fois : ils devront reprendre le personnel, le carnet clients, les outils et les fournisseurs des usines.

De sources syndicales, on apprend qu'ArcelorMittal explorait le marché pour trouver de repreneurs potentiels. "La Libre" avait d'ailleurs révélé le 29 mars que le sidérurgiste russe NLMK avait visité les sites de Flémalle et de Tilleur. La direction a affirmé aux syndicats jeudi qu'elle avait trouvé "plusieurs acheteurs" pour les usines liégeoises. Outre NLMK, on pense immédiatement au groupe indien Tata Steel, qui possède l'usine Segal dans le bassin liégeois.

La CSC Metea a pour sa part prévenu que le groupe allait devoir assumer ses responsabilités. Dans un communiqué, le syndicat annonce exiger une convention de reprise, avec comme objectifs le maintien des emplois et des revenus ainsi que de la pérennité des installations et du plan industriel.

Le syndicat prévient: "En cas de défaillance sur l’un ou l’autre de ces points, le régime de la responsabilité solidaire devra s’appliquer, c’est-à-dire qu’ArcelorMittal devra suppléer en cas de défaillance du repreneur. Nous nous battrons pour que ce point figure dans l’accord de reprise entre les parties !"


© Ferblatil

Ce vendredi, ArcelorMittal a annoncé avoir proposé à la Commission européenne des cessions d'activités en Europe pour lever les inquiétudes liées aux effets sur la concurrence de son projet d'acquisition du groupe italien Ilva.

ArcelorMittal propose de céder le site italien d'acier galvanisé de Piombino, les sites de Galati en Roumanie, Skopje en Macédoine, Ostrava en République tchèque, Dudelande au Luxembourg ainsi que plusieurs lignes de fabrication du site belge de Liège, détaille le groupe dans un communiqué.