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Le groupe nucléaire public français Areva a reporté de "quelques jours" un conseil de surveillance prévu mardi qui devait se pencher sur l’entrée au capital de nouveaux actionnaires, dont les fonds souverains du Qatar et du Koweït, a-t-on appris de source proche du dossier. Les négociations continuent avec les investisseurs potentiels, parmi lesquels figure également le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI), a-t-on précisé de même source lundi.

Un conseil de surveillance du leader français de l’atome devait se pencher sur l’opération le 16 novembre mais il avait déjà été reporté in extremis au mardi 23 novembre. "On est dans la dernière ligne droite", a ajouté cette source, indiquant que le conseil de surveillance devait se pencher sur la question "d’ici à la semaine prochaine" pour permettre à l’opération d’être bouclée avant la fin de l’année, objectif fixé par le gouvernement. L’Agence des participations de l’Etat français "mène les négociations avec les investisseurs potentiels et nous gardons pour objectif de réaliser l’opération d’augmentation de capital avant la fin de l’année", a-t-on appris de même source.

Le fonds souverain du Qatar, l’un des trois investisseurs pressentis avec le japonais et le fonds souverain du Koweït, aurait notamment compliqué les négociations en posant de nouvelles conditions à la dernière minute, selon une source proche du dossier. Le Qatar Investment Authority (QIA) souhaite pouvoir convertir ses futures actions Areva en participation dans ses mines d’uranium, secteur dans lequel le groupe français est numéro un mondial, selon le quotidien économique Les Echos. Les relations tendues entre Areva et le groupe d’électricité français EDF sont également au cœur des problèmes.

Les deux groupes discutent d’un accord de partenariat industriel qui pourrait voir EDF monter au capital d’Areva, dont il détient déjà 2,4 %. Mais la patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, s’oppose catégoriquement à un renforcement massif de l’électricien à son capital, qui risquerait de faire perdre à son groupe des clients concurrents d’EDF suite à des obligations liées aux règles concurrentielles. Il s’agit en effet ici d’être très clair : le groupe nucléaire est détenu directement ou indirectement à 93 % par l’Etat français. Les nouveaux actionnaires y entreraient à hauteur de 15 % environ. (AFP)