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Chine
Dans "l’atelier du monde", on la ferme
Patrick Van Campenhout
Mis en ligne le 07/02/2009
The Economist consacrait, il y a une semaine, un dossier aux retombées sociales de la crise économique en Chine et, évidemment, les autres pays asiatiques présentés ces dernières années comme "l’atelier du monde". Le principe ? Une explosion sociale liée aux fermetures d’entreprises de sous-traitance. Pour Marc Fiorentino, financier français de haut vol, auteur d’un petit roman détonant sur les gestionnaires de fonds ("Un trader ne meurt jamais", Robert Laffont), c’est tout simple : "Il n’y aura pas d’explosion sociale en Chine. La façade hollywoodienne de la Chine s’est effondrée et la crise n’est pas terminée là-bas ! On nous a fait croire que la Chine était un pays riche, et c’est un pays pauvre. Un pays qui va mettre plus de 10 ans à revenir sur la scène économique. Et la crise sociale n’aura pas lieu parce que les gens, dans leur "sino-béatitude", ont oublié que la Chine est l’une des pires dictatures qui existent. Réagir ? Tian’anmen, c’était il y a 20 ans Quand on ferme une usine en Chine, on y envoie d’abord l’armée, puis on renvoie les gens chez eux, à la campagne "
Pour Anne Peeters, directrice de l’Observatoire social européen, "il y a sans doute une dynamique de croissance de la consommation intérieure susceptible de diminuer l’impact social des fermetures d’entreprises. Le développement d’une classe moyenne plaide en faveur du maintien d’un certain niveau de consommation intérieure. L’an passé, selon les chiffres du BIT (Bureau international du Travail), l’Asie a créé 57 pc des nouveaux emplois dans le monde. Il y a aussi des éléments importants, comme la demande de produits nouveaux liés à la problématique du réchauffement climatique. Evidemment, les efforts de formation et de développement ne feront sentir leurs effets qu’à moyen ou long terme. Enfin, si l’on ferme aujourd’hui des entreprises de sous-traitance, on peut imaginer que les constructeurs automobiles, qui ferment partout dans le monde, pourraient délocaliser des sites en Asie". Quid alors de la position des entreprises internationales qui sont à la base des fermetures actuelles, en Chine, notamment ? "Ces grands ensembles, dans le textile, la distribution, l’électronique, et même le secteur de la sidérurgie, ont, d’une part, une tradition et l’habitude des négociations sociales, et, d’autre part, portent une attention spécifique à l’image que donnent d’eux leurs actes dans le monde." Anne Peeters a donc une vue plus nuancée de la situation ? "En réalité, le problème essentiel vient plutôt de l’absence totale de protection sociale dans les pays émergents. Ce n’est pas neuf ! La question essentielle porte donc, et le BIT le souligne aussi, plus sur la qualité de l’emploi, les conditions de travail, que sur les pertes d’emplois."
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