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Édito
Vente d'autos : la Belgique à la traîne
Pierre Loppe
Mis en ligne le 06/09/2009
Le contraste est saisissant. Les ventes d'automobiles neuves ont encore reculé de 8,7 % en Belgique au mois d'août par rapport à 2008, la perte annuelle cumulée se situant aux alentours de 15 %. A l'inverse, les immatriculations ne se sont jamais aussi bien portées en Allemagne (+ 28 % depuis le début de l'année), en Italie (+ 8,5 % sur un an), en France (+ 7 % en août) et aux Etats-Unis où le marché est reparti à la hausse le mois dernier pour la première fois depuis deux ans.
Il n'y a pas de miracle. Cette progression spectaculaire résulte de l'instauration d'une "prime à la casse" dans de nombreux pays. La mesure récompense les automobilistes qui délaissent leur véhicule pour en acheter un autre moins polluant. Plusieurs marques en ont profité : Ford, Fiat, Peugeot, Citroën, VW... et Opel, qui en a bien besoin ! L'engouement est tel que l'enveloppe consentie par Berlin est vide et que Paris envisage un étalement "modéré" jusqu'en 2011. En Belgique, des voix continuent à s'élever pour que le gouvernement mette sur pied un tel incitant. Mis à part les problèmes budgétaires inextricables de l'Etat fédéral, c'est oublier un peu vite que notre marché automobile est plus "jeune" et que ladite prime, à l'effet éphémère en termes de croissance, induirait une consommation effrénée qu'il convient au contraire de réorienter en direction d'une mobilité durable. Notre parc automobile est saturé et les stocks débordent, de sorte que le gain environnemental escompté risque de servir d'alibi aux acteurs du marché qui ne résistent pas si mal que ça, finalement, face à la crise et qui peuvent faire l'économie d'une subsidiation en trompe-l'œil.
© La Libre Belgique 2009
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