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Finance
Déjeuner sur l’herbe
Anne Masset
Mis en ligne le 07/02/2010
Elle a voulu commencer par le terrain. Au menu, notamment, de ses quatre premières semaines à la tête de Lunch Garden, la visite des 62 restaurants que compte l’enseigne en Belgique. Dont encore trois jeudis et les quatre derniers ce samedi. Elle est même restée une journée en salle à Jambes et une autre en cuisine à Wépion. "Moi qui ne cuisine jamais à la maison Mon mari a trouvé cela très drôle", sourit Annick Van Overstraeten. Elle avait aussi, en son temps, fait le tour des Quick dont elle était la directrice Belgique et Luxembourg. "C’est normal et nécessaire", insiste-t-elle. Pour rencontrer les responsables et les équipes, faire le point sur les bâtiments et installations. Ses conclusions : "Il y a du potentiel et la base est bonne." Plus précisément : il faut investir dans les infrastructures existantes, certes, mais le personnel dans les restaurants (1 300 personnes) est motivé et capable, les produits sont bons et le concept est unique dans le pays.
Le concept, justement, se situe "entre le fast-food et le service à table. Au niveau des prix aussi. Avec de bons plats belges à l’instar de notre cheval de bataille, le vol-au-vent. Mais nous sommes aussi le premier vendeur de moules du secteur Horeca en Belgique, et nous proposons également des boulettes sauce tomate, poulets rôtis et autres recettes typiques". Pour un menu complet (avec légumes à volonté) sous les 10 euros. Et un slogan sans équivoque : "Lunch Garden, bienvenue chez vous."
La quasi-totalité des 62 restaurants (dont une quinzaine se situe en Flandre) se trouvent sur les parkings des magasins Carrefour. Histoire oblige, puisque à l’origine de Lunch Garden, en 1966, on retrouve les premières cafétérias GB baptisées "Resto GB". En 1995, le groupe GIB, qui, entre-temps, a racheté Sarma-Nopri (et ses restaurants), décide de regrouper, sous une même enseigne, Lunch Garden, ses self-services. En 2002, l’enseigne est vendue à Carestel qui la revend à son tour deux ans plus tard à KBC et Thibault van Hövell et Grégoire de Spoelbergh. En juin 2009, le fonds néerlandais H2 Equity Partners entre dans le capital à hauteur de 51 %, le solde étant partagé entre KBC private equity et le duo van Hövell-Spoelbergh.
Un nouvel actionnaire qui a le gros avantage de donner les moyens d’agir et d’améliorer l’image de la marque : 30 millions d’euros d’investissements sont prévus sur 5 ans à partir de cette année. Un premier restaurant, à Anvers, sera rénové dès septembre et un second, à Berchem-Sainte-Agathe (shopping Basilix), suivra d’ici fin 2010. Les 62 points de vente devraient être rénovés pour la fin 2014. "Et si je peux aller plus vite, j’irai plus vite", assure la nouvelle patronne. Car il s’agit de s’occuper d’abord de ce qui existe, de conforter les bases, de maintenir le chiffre d’affaires cette année à 122 millions, comme l’an dernier, avant de renouer avec une croissance dudit chiffre - qui a par trop tendance à stagner ces dernières années - et de passer à la vitesse supérieure en ouvrant de nouvelles adresses. Quoique "Si la rénovation suit bien, des projets vont probablement voir le jour avant 2014, 2015." En périphérie : "Il peut facilement y en avoir une dizaine en plus"; mais aussi en ville : "C’est une formule magique pour les shopping centers." Et à l’étranger ? "C’est très difficile à dire à l’heure actuelle", répond-elle, prudente. "Les concurrents sont très forts en France. Le Luxembourg est possible. Il faudrait voir aux Pays-Bas", avance-t-elle cependant.
C’est sûr, son allure discrète cache une personnalité qui n’a pas froid aux yeux. Comme le prouve son parcours professionnel riche et diversifié. Après des débuts chez Philips, Annick Van Overstraeten verse dans le "retail". Elle rentre chez Dujardin, passe ensuite chez Mayerline, puis se retrouve, quelques années plus tard, chez Leonidas. "La patronne, avec laquelle je m’entendais très bien, m’a appris à travailler. Ce fut une école formidable", se souvient-elle. Ensuite, elle passe à la restauration chez Quick. "Jean-Paul Brayer (NdlR : l’ancien CEO du groupe Quick) m’a appris la gestion et l’Horeca. Il a fait un sérieux pari avec moi : il a engagé une femme dans un milieu d’hommes, une femme qui ne connaissait rien aux hamburgers ni à l’Horeca Ce fut une opportunité extraordinaire " Après cinq bonnes années dans le fast-food, elle avait fait le tour du sujet : "Cela tournait, les ouvertures se suivaient et le concept "Giant bar", lancé en juin 2009, était sur les rails " Elle atterrit ensuite, en octobre dernier, via les anciens propriétaires de Quick, la CNP et Ackermans&van Haaren, dans la parfumerie, chez Planet Parfum. L’épisode tourne court, et la voilà revenue à la restauration. Pour faire bouger les choses.
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