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3 QUESTIONS À Takis KAKAYANNIS

AvC

Mis en ligne le 06/03/2010

Attaché économique et commercial au Consulat général de Belgique à Casablanca (Maroc)

Quel est exactement votre rôle ?

Mon rôle est de mettre en relation les entreprises wallonnes et bruxelloises avec les entreprises marocaines, dans certains cas d’aider les investisseurs potentiels au Maroc, organiser des séminaires, inviter des Marocains en Belgique comme je viens de le faire avec une dizaine d’opérateurs actifs dans le secteur de la construction et de la promotion immobilière dans le cadre de Batibouw.

Quel est le climat actuel en termes d’investissements au Maroc ? Certains secteurs sortent-ils du lot ?

Globalement, l’économie marocaine a suivi l’évolution mondiale. Il y a certes une diminution de l’activité. Mais, le Maroc est un peu plus protégé car son secteur bancaire n’a pas été exposé à la crise. Il n’est pas confronté à un problème de crédit, mais a subi le ralentissement mondial. Des villes comme Marrakech, Tanger, Essaouira souffrent un peu plus car ce sont des villes balnéaires et touristiques où en général ce sont les étrangers qui achètent. Mais des villes comme Casablanca ou Rabat sont beaucoup plus industrielles et plus orientées sur le marché marocain.

Certes, le bâtiment est un peu plus calme même si c’est toujours un secteur porteur peut-être pas dans le haut de gamme mais plutôt dans le moyen et bas de gamme. Il y a des opportunités sachant qu’il y a un déficit d’un million de logements au Maroc. Tous les ans, il faut en rajouter 40 000 pour suivre la demande émanant des jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Je citerais aussi tous les secteurs comme l’informatique, la formation professionnelle, la consultance, la maintenance industrielle. Il y a aussi le secteur de la transformation agroalimentaire qui est un très gros marché. Ce sont des ingrédients que l’on met aujourd’hui dans des produits de deuxième, troisième, quatrième génération. Les Marocains aujourd’ hui essaient de consommer comme en Europe. Il y a de plus en plus de supermarchés, des hypermarchés. Et les modes de consommation suivent. Il y a de moins en moins de gens qui vont dans les souks traditionnels, lesquels se déplacent de plus en plus vers la périphérie des villes alors que dans les villes, on trouve de plus des consommateurs comme en Europe. Et quand on parle grands magasins, cela implique chaîne alimentaire, conservation, packaging. Sur toute cette chaîne, les entreprises belges sont fortes.

Quels sont les freins pour les investisseurs ?

Quand quelqu’un vient investir au Maroc, je lui conseille de se fier beaucoup plus à la réglementation qu’à des connaissances ou amis. Autre point à savoir : les entreprises marocaines ont des délais de paiement très longs qui vont jusqu’à six mois. Il ne faut donc pas faire un business plan à la belge. Ce délai peut handicaper la venue sur le marché d’acteurs étrangers. Le niveau de la main-d’œuvre peut aussi être un frein à l’investissement pour les métiers hautement qualifiés du type consultance et informatique. Dans le tourisme, cela peut aussi poser problème car tout le monde ne peut pas s’improviser cuisinier ou réceptionniste.

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