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L’emploi wallon frémit, mais il en faut plus
Mis en ligne le 04/09/2010
Si le nombre d’offres d’emploi sur le marché du travail est un bon indicateur de la reprise économique, on peut dire que la Wallonie, dopée par la demande internationale qui redémarre (notamment ses deux gros clients : l’Allemagne et la France), est sortie de la crise. En effet, selon le Forem, les propositions de jobs en tout genre, dans le secteur public comme dans le secteur privé, augmentent de 15 à 20 % tous les mois. Et ceci, depuis début 2010.
Mieux, si l’on compare les données mensuelles actuelles par rapport à la même période en 2009, on dépasse les 20 % d’offres d’emploi en plus depuis juin dernier (23 %). Toutefois, 2009 était un très mauvais cru pour l’emploi Tout est relatif. Ça frémit, oui, mais pas de triomphalisme.
Selon les estimations du bureau du Plan, la croissance annuelle du PIB devrait s’élever à 1,4 % en 2010 et à 1,7 % en 2011. L’économie wallonne va certainement en profiter. Toutefois, à plus long terme, selon les données fournies par l’Iweps (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique), l’emploi repartirait modestement à la hausse en 2011 avant de rejoindre, à partir de 2012, un rythme d’augmentation similaire à ce qu’il était avant la crise. Soit un peu plus de 12000 emplois par an en Wallonie de 2012 à 2015.
En attendant, le nombre de demandeurs d’emploi en Wallonie s’élevait à 201 000 en juin 2010 (voir carte). Si l’on ajoute les jeunes en stage d’attente (10400), on obtient un taux de demande d’emploi de 13,7 %. Il était de 14 % en juin 2009 et de 13,1 % en 2008.
Notons tout de même la (très) belle performance de l’économie de la Communauté germanophone peuplée de bons trilingues proches de la puissante Allemagne : un peu plus de 2000 demandeurs d’emploi fin juin.
Du côté de l’Union wallonne des entreprises (UWE), on note également une reprise sur le marché de l’emploi. L’an dernier, 360 000 personnes ont connu au moins un épisode de mise à l’emploi, d’après la fédération patronale régionale. Mais l’embellie risque d’être conjoncturelle. D’autant plus que les prévisions ne sont pas très réjouissantes. "C’est vrai qu’on constate une stabilisation du chômage, mieux encore, une augmentation de l’intérim en Wallonie. Mais l’incertitude demeure sur le moyen ou le long terme. Par ailleurs, on s’attend à ce que la reprise s’essouffle durant la seconde partie de 2010, et 2011 ne sera pas une bonne année pour l’économie", nous a confié Didier Paquot, directeur du département Economie et R&D de l’UWE.
Les chiffres indiquent que l’intérim des ouvriers a augmenté de 3,67 % au 4e trimestre 2009 par rapport au 3e, et le premier trimestre 2010 a encore vu une hausse de 1,22 % du travail intérimaire des ouvriers par rapport au dernier trimestre 2009.
D’après lui, les entreprises wallonnes ont mieux traversé la crise qui sévit depuis fin 2008 que celles des années 90 et 2000. "Plusieurs raisons expliquent cette bonne tenue des entreprises wallonnes. D’une part, les restructurations industrielles qui s’accélèrent pendant les crises sont arrivées à leur terme. D’autre part, les secteurs comme la pharmacie, l’agroalimentaire et de la haute technologie sont moins sensibles à la conjoncture. Les mesures prises par le fédéral (recours au chômage temporaire) ont atténué les licenciements dans les entreprises. Les entreprises wallonnes, notamment les PME, présentent aussi une plus grande solidité financière (fonds propres, liquidités, etc.) qu’elles n’en avaient lors des crises précédentes", précise Didier Paquot.
Parmi les entreprises qui engagent, il épingle notamment BNP Paribas Fortis, GSK, BDO (révisorat d’entreprises) et le Gestionnaire de réseau de distribution (GRD) d’électricité et de gaz, Ores. La Raffinerie Tirlemontoise prévoit d’engager au moins 30 personnes en 2010.
Au niveau des secteurs, l’industrie technologique ne semble pas profiter vraiment de la reprise constatée sur le marché de l’emploi. En effet, l’emploi en Wallonie a reculé de 0,4 % dans le secteur durant le deuxième trimestre 2010 par rapport au premier trimestre. Celui-ci employait, à fin juin 2010, environ 48 888 personnes. Par rapport au deuxième trimestre 2009, l’emploi a chuté de 4,1 % durant le deuxième trimestre 2010. Les baisses les plus spectaculaires concernent le secteur de la transformation du métal (-3 % par rapport au premier trimestre 2010 et - 9 % par rapport au deuxième trimestre 2009), ainsi que celui de l’électronique et des technologies de l’information et de la communication (- 4,5 % et - 9 %). "La mécanique et les produits de construction repartent nettement à la hausse, et l’automobile poursuit sa croissance. Les métaux et matériaux ainsi que l’aérospatiale et défense sont en léger recul", nous a confié Georges Campioli, directeur général d’Agoria Wallonie.
F.C. et Ph. Law.
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