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Amos, la tête dans les étoiles
Stéphane Tassin
Mis en ligne le 18/12/2011
Le mont Paranal (désert d’Atacama, notre photo), dans le nord du Chili, accueille les quatre plus grands télescopes du monde sous l’égide de l’ESO (Organisation européenne pour la recherche astronomique dans l’hémisphère sud). Et si les astronomes de tout poil rêvent tous un jour d’y passer quelques heures, une société liégeoise est totalement partie prenante du projet, puisqu’elle y a installé quatre télescopes de taille moyenne. Amos (Advanced Mechanical an Optical Systems), c’est son nom, installée à Angleur, est une des meilleures entreprises du monde dans son secteur. "Notre spécificité est de réaliser des projets scientifiques clé en main. Nous fabriquons tout de A à Z, y compris nos télescopes", explique Jean-Pierre Chisogne, directeur commercial d’Amos.
Amos, c’est également 80 employés pour un chiffre d’affaires moyen de 12 millions d’euros. "Nos marges sont très légères, nos clients sont essentiellement des institutions universitaires avec des budgets très limités. 100 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger", poursuit-il.
Issu de la fusion, au début des années 80, des Ateliers de la Meuse et d’une spin off de l’ULG, Amos a réalisé une vraie synergie entre l’optique et la mécanique. Au printemps 2012, l’ESO décidera de la construction du plus grand télescope du monde. Un télescope qui doit permettre aux astronomes de comprendre avec plus de clarté ce qui s’est passé juste après le big-bang. Coût du projet ? 1 milliard d’euros. La société liégeoise espère être partie prenante en construisant plusieurs éléments de cette machine révolutionnaire. Un marché qui représente, pour Amos, 30 millions d’euros. "Il faut savoir que le système d’appel d’offres de l’ESO est très strict. Nous devons garantir des réalisations à la pointe de la technologie", explique Jean-Pierre Chisogne. La construction du ELT (extremely large telescope) dépend de l’entrée ou non du Brésil dans l’ESO. "C’est vrai qu’avec la crise économique, on peut se demander si ça vaut la peine de mettre autant d’argent dans ce type de projet. Tout dépendra donc du Brésil. Cela devrait résoudre les problèmes actuels de budget pour financer le projet. Si le Brésil n’entre pas dans l’ESO, il faudrait demander à chaque pays membre une augmentation de 25 % du budget alloué (NdlR : la participation belge représente 3 % du budget de l’ESO), cela semble évidemment plus compliqué. Je pense quand même qu’investir dans les projets scientifiques est une manière douce d’injecter de l’argent dans l’industrie d’un pays", conclut Jean-Pierre Chisogne.
Précisons qu’il y a deux semaines, le prince Philippe, dans le cadre d’une mission économique au Chili, a visité les installations de l’ESO au Paranal.
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