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PME |Inventions
Forcer le hasard des idées
L.F.
Mis en ligne le 30/11/2009
Statistiquement, 3 à 4 % des idées d’innovation sont commercialisables. A peine Quant à l’immense succès commercial - et les rentes qui l’accompagnent - dont doivent rêver la plupart des auteurs, ils concernent une idée sur cent. C’est du moins ce qu’affirme la société The Idea Monopoly. Cette jeune société basée à Gembloux et Bruxelles sait de quoi elle parle : son métier est d’évaluer et valider le potentiel d’une idée, puis d’aider l’inventeur à la protéger.
L’équation d’une "bonne" idée comprend trois données incontournables : 1. L’utilité. Répondre à de réels besoins insatisfaits. 2. La nouveauté. Etre certain d’être le premier. 3. La faisabilité. Etre réalisable dans un rapport cout/bénéfice raisonnable. "Une approche classique pour trouver de nouvelles idées est le brainstorming", explique Sophie Racquez, fondatrice et directrice de The Idea Monopoly. "Partir d’un mot pêché au hasard dans un livre, par exemple. Personnellement, je n’aime pas trop le concept que je trouve artificiel. Il est important d’avoir une approche qui parte des besoins du marché ou des consommateurs."
Même si la création de cette société, avec son frère Sébastien, a pris du temps, l’intérêt de Sophie Racquez pour les inventeurs ne date pas d’hier. "Je me suis très vite rendu compte que les inventeurs ont vraiment des besoins. Souvent, les entreprises n’aiment pas travailler avec eux et les considèrent plutôt comme des farfelus." En tout cas, des gens plus habitués aux codes de la créativité et de la technique qu’à ceux du marketing et de la propriété intellectuelle. "Beaucoup peuvent consacrer une vie entière à peaufiner une idée sans jamais percer. Ou commettent l’erreur d’en parler avant de la protéger."
Et là, nous ne sommes qu’aux idées. Ensuite, il faut encore pouvoir les concrétiser par la rencontre avec des entreprises ou investisseurs intéressés, autre variable laissée parfois au hasard Sophie Racquez et son frère ont conçu leur société et leur site web (www.ideamonopoly.com) comme une sorte de guichet virtuel de l’innovation. Leur ambition : forcer le hasard des rencontres d’idées. Ils ont ainsi développé un système de génération, d’évaluation, d’amélioration et de commercialisation d’idées à partir de besoins exprimés par les consommateurs eux-mêmes. Le concours "Les Idéonaires", dont la première édition s’est clôturée au Salon Brussels Innova (19 au 21/11), en est un outil. Résultats visiblement réjouissants : "La gagnante a trouvé une solution à un problème dans le domaine de la couture. Nous ne pouvons encore parler de cette solution car il faut d’abord déposer un brevet. Mais je peux déjà vous dire que l’invention est techniquement facile à produire et qu’elle peut avoir de gros débouchés dans le privé comme dans l’industrie."
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