Entreprise

Lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire lundi matin, AXA Belgium a présenté son plan stratégique 2020, qui a pour ambition de recentrer les activités de l'assureur, accélérer sa transformation digitale et simplifier son organisation. Celui-ci pourrait mener à la perte de l'emploi de 650 personnes durant les deux prochaines années, indique l'entreprise dans un communiqué, alors que le syndicat libéral évoquait de son côté la suppression de 850 emplois d'ici 2020.

Le plan stratégique d'AXA repose sur le recentrage autour des activités qui font la force de l'entreprise, à savoir les assurances dommages et les assurances pension pour les employeurs, les indépendants et les particuliers. Ce choix stratégique consisterait à arrêter de proposer de nouveaux contrats d'assurance-placement individuels à partir du 1er janvier 2017.

L'assureur entend également accélérer la transformation numérique via des investissements pour un montant de 200 millions d'euros, "afin d'offrir des services personnalisés, plus rapides et plus performants aux courtiers et aux clients". La direction souhaite enfin simplifier l'organisation et améliorer la structure de coûts afin de gagner en efficience et en agilité.

Cette stratégie 2020 sera analysée et discutée avec les représentants du personnel afin de limiter l'impact sur l'emploi et plus particulièrement, le nombre de licenciements secs, assure AXA, qui "s'engage à mettre tout en œuvre pour mener, dans les prochaines semaines, un dialogue social transparent et constructif, afin d'analyser ce plan et ses différentes modalités d'application, notamment en matière d'emploi".


Le cdH appelle le gouvernement fédéral à réunir les forces vives autour d'un plan global

Le cdH a appelé lundi le gouvernement fédéral à réunir les "forces vives" du pays et définir ensemble un "plan global" pour soutenir l'activité et l'emploi alors que la Belgique est frappée à quelques jours d'intervalle par deux drames économiques et sociaux. A cette fin, le cdH propose la mise en place d'un "groupe stratégique pour l'activité et l'emploi".

Pour le cdH, les travailleurs ont le droit d'avoir toute la transparence et une information complète sur les raisons et motivations qui justifient une telle décision. Le cdH exprime sa solidarité avec le personnel d'AXA.

Plus que jamais, notre pays et notre économie ont besoin d'"unité" et d'une "stratégie partagée par tous", estiment les centristes. La Belgique doit réunir ses différents niveaux de pouvoir compétents en matière économique et d'emploi qui, malgré des majorités asymétriques, doivent trouver un terrain d'entente pour l'efficacité de notre pays et l'intérêt de ses travailleurs, ont-ils indiqué.

"Un plan nécessaire pour rester leader du marché belge à l'horizon 2020" (CEO)

La restructuration annoncée est nécessaire pour maintenir à l'horizon 2020 la position de leader qu'occupe l'entreprise sur le marché belge de l'assurance, a commenté lundi son CEO récemment entré en fonction, Jef Van In. Il se dit prêt à étudier toutes les possibilités pour éviter au maximum les licenciements secs. "C'est un message difficile que nous avons apporté au conseil d'entreprise, mais nous devons nous adapter aux demandes qui changent de nos clients et courtiers", souligne M. Van In. "Nous allons adapter notre portefeuille de produits à partir du 1er janvier 2017, poursuivre nos efforts en matière de digitalisation et simplifier l'entreprise."

Bien qu'AXA Belgium affiche de bons résultats, ce plan de restructuration est, selon le CEO, nécessaire afin de maintenir la position de l'entreprise. "AXA est actuellement très solide, l'objectif est de le rester. D'importants efforts ont déjà été consentis dans le passé, mais le monde évolue tellement vite d'un point de vue digital que nous devons nous adapter à ces changements et à l'évolution des attentes de nos clients."

M. Van In se dit prêt à envisager toutes les possibilités afin de réduire au maximum l'impact social de ce plan. "Il y a une panoplie de solutions pour éviter les licenciements secs: départs anticipés, réduction du temps de travail, reconversion... Il faut maintenant laisser la place au dialogue social."