Entreprise

En réalité, le problème des compagnies d’assurances dans les circonstances actuelles n’est pas tant dans le "subprime" ou d’autres créances véreuses, mais dans la détention de gros portefeuilles, comprenant des actions dont les cours ont fondu en Bourse. Fortis en est un exemple typique. Il appert cependant que, pour le reste, chez Axa, ces portefeuilles ne sont guère aventureux.

La reprise de l’assureur suisse Winterthur en 2006 s’est avérée de bon rapport, au-delà des problèmes classiques de "digestion", provoqués par une absorption de cette ampleur. Ce fut le cas il y a des années lors de la reprise de la Royale Belge, et des deux petites caisses hypothécaires anversoises regroupées sous le nom d’Axa Banque.

Du côté des sorties du groupe, citons ici, en revanche, la revente récente d’Axa Ré, entité qui, en 2005, avait souffert de la réassurance des dégâts causés par les ouragans. Sans doute, ces souvenirs hanteront-ils la journée de jeudi prochain 6novembre, où sera annoncé le chiffre d’affaires de la société au troisième trimestre.

En Bourse, le cours d’Axa a effectué ces dernières années un parfait aller-retour. Il était d’environ 12euros en 2003. On l’a retrouvé ces derniers temps au même niveau de 12euros, après le passage par un sommet de 35euros en mai2007. On pourrait penser que la société n’a fait ainsi que refléter la tendance boursière générale. C’est en partie le cas, mais il faut dire que les résultats ont marqué un cheminement parallèle.

En 2006, le bénéfice net par action était passé de 2,10 à 2,35euros, grâce à l’assurance-vie et à l’activité de gestion d’actifs. L’année suivante, courant sur son erre, le profit net avait encore progressé sensiblement à 2,77 contre 2,35euros. Pourtant, Axa avait dû déjà payer alors son tribut à la crise naissante en actant des dépréciations d’actifs pour 600millions d’euros.

Cette année-ci, le soufflé retombe. Le consensus des analystes prévoit un bénéfice net par action de 2,48 contre 2,77euros. L’objectif proclamé antérieurement par Axa était de doubler son chiffre d’affaires entre2004 et2012, et de tripler son bénéfice. Cela signifiait une croissance annuelle à deux chiffres. Aujourd’hui, le président Henri de Castries avance prudemment que l’avenir dépendra du retour à la normale sur les marchés.

Les analystes financiers, eux, restent assez optimistes. Sur 23 d’entre eux, 13 recommandent d’acheter, 4 d’accumuler, 5 de conserver et 1 seulement de réduire. Mais ils ont tendance à diminuer leurs objectifs de cours.

Parmi les officines d’analyse, celle de JP Morgan a réduit ainsi son objectif à 20euros contre 33euros, compte tenu du manque à gagner du côté des marchés d’actions. UBS a réduit, pour sa part, sa recommandation à "conserver" au lieu d’"acheter", étant donné, dit la banque suisse, le potentiel de hausse insuffisant de la valeur qui a récemment remonté. Par contre, l’analyste de la Société Générale a relevé son avis de "conserver" à "acheter", l’assureur étant "bien diversifié et solide".