Entreprise

Plusieurs responsables politiques et sociaux se prononcent en faveur d’un contrôle des prix. Y êtes-vous favorable ?

Je ne le suis pas parce que c’est une mesure qui entraîne une chute de la croissance, des délocalisations d’entreprises et surtout une raréfaction des produits et une diminution de leur qualité pour les consommateurs. Si le contrôle des prix marchait, on le saurait. Cela a été essayé dans pas mal de régimes précédemment et cela n’a jamais donné de bons résultats.

Que faire alors pour lutter contre l’inflation ?

On peut dans certains secteurs agir pour la maîtrise des prix. C’est une notion différente. Je pense notamment aux prix de l’énergie. Très clairement, à l’heure actuelle, le coût de l’énergie pour les Belges est plus élevé que pour leurs voisins. Il y a là matière à réflexion et je pense que les organismes régulateurs comme la Creg doivent savoir favoriser un meilleur accès à l’énergie, non seulement pour les particuliers mais aussi pour les entreprises. On peut travailler à une maîtrise des prix en analysant tous les facteurs qui induisent un accroissement du coût. Ce n’est pas seulement le coût de la production, c’est surtout celui de la distribution et du transport. C’est en train de se faire. C’est dans le programme de gouvernement, où très clairement on indique la nécessité de maîtriser les coûts de l’énergie en fonction d’une analyse comparative avec les pays qui nous entourent.

Vous voyez d’autres secteurs où une telle maîtrise pourrait être efficace ?

Les télécommunications. Mais elles ont une tendance à diminuer. Il faut d’ailleurs stimuler la concurrence dans tous les secteurs. C’est un aspect essentiel. Il faut empêcher les cartels de prix, il faut très strict là-dessus pour que les entreprises puissent mettre sur le marché des produits au meilleur coût pour le consommateur, en fonction de la nécessité d’une concurrence loyale. L’autorité de la concurrence doit être renforcée, et il faut aussi diminuer les charges administratives pour les entreprises parce que cela influe aussi sur les coûts de production. Parmi ceux-ci, certains sont influençables, d’autres dépendent des lois et des règlements qu’il faut assouplir.

L’indexation automatique des salaires constitue-t-elle selon vous un facteur d’inflation ?

Il y a un effet sur l’inflation mais la relation inverse existe aussi. Si on laisse filer une inflation très forte, on a un effet sur l’indexation. Par contre, l’indexation des salaires a un effet sur la compétitivité, et donc des coûts des produits.

Justement, seriez-vous favorable à un ou plusieurs sauts d’index ?

Non, ce n’est pas à l’ordre du jour aujourd’hui. Il faut contrôler la compétitivité des entreprises, ce qui peut nécessiter à certains moments des interventions de l’Etat, qui ne sont pas nécessairement des sauts d’index.

Et une augmentation de la TVA ?

Je n’y suis pas favorable, dans un contexte où les citoyens et les entreprises sont déjà accablés de taxes et d’impôts. Notre structure de TVA en Belgique est déjà élevée par rapport à la moyenne européenne.