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Barclays a déclaré, mardi, avoir bien débuté l’année 2010, après la publication d’un bénéfice imposable 2009 supérieur aux attentes, soutenu par une solide performance de ses activités de banque d’investissement. La banque britannique a précisé avoir freiné l’attribution de primes à ses salariés, l’opinion britannique ne cachant pas son hostilité à l’égard de cette pratique alors que des dizaines de milliards de livres d’argent public ont été injectées dans le secteur. Barclays, qui n’a pourtant pas reçu d’argent de l’Etat, indique que ses banquiers d’investissement recevront chacun 191 000 livres au total en moyenne au titre de 2009, dont 95 000 livres de primes. Avec un ratio de rémunérations (le rapport entre les revenus de la banque d’affaires et la rémunération des banquiers) de 38 % dans sa branche de banque d’investissement, contre 44 % chez Goldman Sachs, Barclays est globalement au diapason de ses concurrents, mais légèrement en dessous de Deutsche Bank. "La confiance entre la banque et les actionnaires a été entamée par la crise du crédit et par la récession. Cette confiance doit être restaurée par le comportement des banques, en montrant comment nous prêtons, comment nous payons" , a déclaré le directeur général, John Varley. Barclays distribuera pour 1,5 milliard de sterling de primes en numéraire au titre de 2009, auxquelles s’ajoutera 1,2 milliard de bonus différés exerçables sur trois ans mais susceptibles d’être annulés. La banque britannique a réalisé l’an dernier un bénéfice avant impôts de 11,6 milliards de livres (13,4 milliards d’euros), dopé par la plus-value de 6,3 milliards engrangée lors de la vente de sa filiale de gestion d’actifs Barclays Global Investors (BGI). Ce résultat représente un bond de 92 % par rapport aux 6,1 milliards de profits de 2008. Le marché anticipait un bénéfice imposable de 11,2 milliards. Les profits de Barclays Capital, la branche de banque d’investissement, ont fait un bond de 89 % en 2009 à 2,5 milliards de livres, grâce au rachat des activités américaines de Lehman Brothers, au développement en Asie et en Europe et à la reprise des marchés boursiers. Le ratio Tier 1, qui mesure les fonds propres, a progressé à 13,0 % en 2009 contre 8,6 % l’année précédente. Le ratio "core Tier 1" ressort à 10 % fin décembre contre 5,6 % un an plus tôt. L’annonce selon laquelle le dividende 2010 pourrait être supérieur aux 4,5 pence versés en 2009 a également réjoui les investisseurs. Le bénéfice imposable courant de Barclays, hors plus-value liée à la cession de BGI, a été de 5,6 milliards de sterling en 2009, contre 1,6 milliard en 2008. (AFP)