Entreprise

Le bancassureur Belfius a noué un partenariat avec le cabinet de conseils Accenture dans le domaine des 'FinTech', ou technologies financières. Le début de cette collaboration a été officialisé jeudi à Londres, ville considérée par d'aucuns comme la capitale européenne du 'FinTech', par la signature d'une lettre d'intention.

Dans un premier temps, le partenariat s'articulera autour de trois idées concrètes, "trois projets en cours de maturation", qui n'ont pas été dévoilés mais qui tournent autour des "solutions de banque mobile et d'analyse", des "solutions de paiement à l'ère de l'internet des objets" et de la "robotique dans les services financiers". L'objectif des deux partenaires est de tester les idées pour déterminer, endéans quelques semaines, si elles peuvent déboucher sur des solutions concrètes et crédibles et, dans la foulée, donner lieu à la création de start-ups 'FinTech'.

Les sociétés créées bénéficieront à terme, pour se développer, d'une infrastructure dont le lieu n'a pas été précisé. Elles pourraient également être financées dans un premier temps par Belfius et/ou Accenture, qui ne ferment pas la porte à l'apport d'autres partenaires potentiels. Les start-ups 'FinTech', qui offrent des services financiers innovants (financement participatif, paiements mobiles, banque en ligne, ...) par le biais des nouvelles technologies, sont souvent perçues comme des concurrents voire des menaces pour les grandes banques traditionnelles.

Les rapports entre les deux sont toutefois passés "d'un angle de compétition à un angle de collaboration", souligne-t-on chez Belfius et Accenture, évoquant l'exemple de plusieurs grandes banques européennes qui se sont récemment lancées dans des collaborations avec des 'FinTech'.


"Les assurances ne sont pas à vendre"; "pas de taux négatifs"

Le modèle de bancassurance de Belfius est "durable" et les activités d'assurances ne sont dès lors certainement pas à vendre, a déclaré son CEO, Marc Raisière, jeudi à Londres, dans le cadre de la présentation de la stratégie du groupe à l'horizon 2020. Au contraire d'une vente, Belfius ne s'interdit pas de songer à une possible acquisition dans le secteur des assurances, a laissé entendre M. Raisière.

Le patron de la banque a en outre rappelé son point de vue selon lequel le taux minimum légal de 11 points de base sur les livrets d'épargne, en vigueur en Belgique, "n'est pas sain", vu le contexte de taux au plancher dû à la politique ultra accommodante de la BCE. Pour autant, il n'est pas question de taux d'intérêt négatifs pour les comptes d'épargne de la clientèle retail, a-t-il assuré.

Marc Raisière a par ailleurs précisé avoir signé hier/mercredi "un virement de 75 millions d'euros en faveur de l'Etat belge". Cette opération, qui représente les premiers dividendes versés par Belfius à son actionnaire public, et correspond à un exercice 2015 soldé sur un bénéfice net de 506 millions d'euros, devrait se répéter à l'avenir au gré des bons résultats dégagés par le bancassureur.

M. Raisière s'est enfin félicité du "grand professionnalisme" du gouvernement belge, qui a permis lors de l'assemblée générale mercredi la prolongation du mandat de plusieurs administrateurs de Belfius, dont son président Jos Clijsters, ce qui permettra "une grande continuité dans la gestion de l'entreprise".