Entreprise

Alors que le gouvernement fédéral et Belgacom doivent encore se mettre d’accord sur le salaire du futur patron de l’entreprise de télécoms, le cabinet de chasseurs de têtes chargé de dénicher des candidats potentiels consulte déjà à gauche et à droite. Le bureau Russell Reynolds, spécialisé dans la recherche de cadres dirigeants, a en effet aligné une grosse dizaine de noms potentiels. Attention, il ne s’agit pas (tous) de candidats officiels mais bien de professionnels qui ont des profils jugés intéressants par le consultant en vue de remplacer Didier Bellens, révoqué pour faute grave.

Selon nos informations, on retrouve notamment, dans la “short list” des cadres d’élite auxquels Russel Reynolds a pensé, les deux noms les plus cités ces dernières semaines : Bernard Delvaux (patron de la Sonaca) et Dominique Leroy (la dirigeante du département Consommateurs résidentiels de Belgacom). Ces deux personnalités ont notamment les faveurs du conseil d’administration et du management de Belgacom.

Mais il y a aussi une surprise dans cette “short list” : Jean-Paul Philippot, l’actuel administrateur général de la RTBF. Toutefois, il aurait déjà laissé entendre qu’il ne se porterait pas candidat pour reprendre la tête de Belgacom.

L’une des raisons : son deuxième mandat (six ans) à la tête de l’entreprise audiovisuelle publique s’achève en février 2014 mais il est bien parti pour rempiler pour un nouveau mandat. Jean-Paul Philippot a en effet d’ores et déjà reçu un avis positif sur sa gestion dans le cadre d’un rapport d’évaluation de fin de mandat rédigé par des experts indépendants.

Le patron de RTL Belgique, Philippe Delusinne, figure également sur cette "short list" selon L'Echo. 

Des pointures ont dit non

D’autres noms, encore, suite aux recherches du chasseur de têtes ? On retrouve sur la “short list” Jean-Claude Vandenbosch, qui a notamment été pendant plusieurs années “managing director” chez HP. Il a aussi dirigé la division “wireline” chez Belgacom à l’époque de John Goossens. Egalement cité : Philippe Vander Putten, qui a été l’administrateur délégué de Proximus. Mais ce dernier aurait déjà refusé de reprendre les rênes de Belgacom.

Une série de pointures internationales ont aussi été contactées mais elles auraient déjà toutes décliné poliment... En vrac, on nous cite à bonne source : François Cornelis (un “ex” de Petrofina et de Total), Gérard Lamarche (patron de GBL, le holding d’Albert Frère), Laurent Levaux (patron d’Aviapartner, qui est aussi administrateur chez Belgacom), Pierre-Olivier Beckers (ex-dirigeant de Delhaize), etc.

En tout cas, le cabinet de recrutement de profils de haut vol n’aura pas attendu que le salaire du futur CEO de Belgacom soit fixé pour commencer à consulter. Au contraire, il se murmure que c’est sur la base d’un éventail informel de quelques noms possibles que le comité de rémunération de Belgacom et le cabinet du ministre Jean-Pascal Labille (Entreprises publiques) pourront trouver un accord sur la baisse salariale exigée par le gouvernement au top de l’entreprise cotée au Bel 20. Si un dirigeant de qualité devait se montrer intéressé par ce job très exposé médiatiquement, tout en ayant des prétentions salariales modestes, la rémunération serait alors déterminée en conséquence. Sinon, il faudra trouver une autre solution...

A l’heure actuelle, vu les dernières déclarations de la part de Laurette Onkelinx (la vice-Première PS) sur les réseaux sociaux, le salaire annuel du futur CEO de Belgacom devrait se situer en dessous de 900 000 euros au grand maximum, alors que Didier Bellens touchait 2,4 millions d’euros. Pour rappel, Laurette Onkelinx a publié mardi matin sur sa page Facebook des propos très durs à l’égard du salaire envisageable pour la succession de Didier Bellens. Elle estimait inacceptable la nouvelle hypothèse chiffrée qui circule actuellement (entre 900 000 et 1,1 million d’euros, sans stock-options). Toutefois, une source bien informée affirme qu’après les élections, un bonus financier pourrait être prévu pour le futur CEO. Qui pourrait accepter de succéder à Didier Bellens pour un salaire dévalué à ce point ? Seule Dominique Leroy, qui gagne autour de 500 000 euros par an “seulement” chez Belgacom, pourrait accepter le poste, dit-on. Au sein du gouvernement fédéral, ce scénario a la cote : certains voudraient désigner une femme à la tête de Belgacom.