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Il y a quelques semaines, nous évoquions dans ces colonnes le principe d'une reprise en main du réseau internet Win par la Région wallonne. En cause, des manquements de la part de l'opérateur historique belge Belgacom signataire d'un contrat de services conclu en 1998 avec la Région wallonne. Du côté du cabinet de la ministre de la recherche, des Technologies nouvelles et des Relations extérieures de la Région wallonne, Marie-Dominique Simonet, on nous avait signalé que "la situation d'incurie de la gestion du Win par Belgacom" ne correspondait plus à la réalité du moment.

Toutefois dans le rapport du Comité de concertation qui s'est tenu le 26 avril dernier (il doit encore être amendé et approuvé par les participants), on trouve des remarques montrant que la situation n'était pas optimale en 2006, et que des manquements sont à nouveau signalés à propos des objectifs stipulés dans le contrat de gestion.

Ainsi, sur des défauts d'accès techniques, des indemnités de quelque 10000 € ont été exigées au titre de pénalités. Le rapport stipule aussi des carences importantes en termes de résultats sur deux des axes forts du contrat de gestion. "Les conclusions sont très semblables à celles de 2005, en dehors de quelques nuances", reprend le rapport. Ici, le texte évoque les services apportés aux administrations wallonnes, et surtout des manquements importants constatés dans le segment des PME et de la recherche et développement (R & D). En décembre dernier, reprend encore le rapport, "le Win comptait 248 PME à son actif contre 219 en 2005".

Tout en notant qu'une cinquantaine d'offres sont en cours dont on peut espérer quelque 30 pc de confirmations, et en remarquant une légère amélioration de la situation, le rapport assure encore que "l'on est très loin des perspectives du plan de base qui prévoyait 4 032 PME pour 2006 !". Une analyse qui reste pertinente, selon un des membres du Comité représentant de la Région wallonne, même par rapport aux perspectives corrigées dans le "Plan dynamique" qui avait revu cette estimation à 632 PME desservies en 2006.

Dans le procès-verbal, un autre membre du Comité, également représentant de la Région régionale, déplore pour sa part que "dans ses publicités, Belgacom n'associe jamais la marque Win à Telindus ou Belgacom lui-même. Ce qui est contraire à la notion de "label" tant vantée par Belgacom lors des négociations d'avenants au contrat de gestion". Par ailleurs, l'opérateur ferait une concurrence directe à sa filiale Win en proposant le produit "Explore" sous le label Belgacom-Telindus qui est une copie conforme des produits Win. En raison des dysfonctionnements, le comité demande des sanctions et propose à la ministre Simonet qu'un PV de carences doit être envoyé au... Win.

Empêcher la cession du Win

A ces remarques, qualifiées de "griefs" par le rédacteur du rapport, l'administrateur de la société Win répond curieusement au nom de Belgacom en arguant qu'historiquement, "Belgacom possédait toutes les PME dans sa clientèle, et que le Plan dynamique prévoit que les PME wallonnes vont passer chez Win par augmentation de la technologie".

Aujourd'hui, des partenaires seraient intéressés par le rachat ou souhaiteraient nouer des accords avec le Win (lire ci-contre). Mais il semble que Belgacom propose à la Région wallonne d'ajouter un avenant au contrat de gestion pour dissuader d'éventuel candidat acheteur du Win. L'objectif viserait à changer les termes de calcul de la valeur d'échange du Win en cas de cession. Dans l'avenant, Belgacom proposerait de ne plus céder le Win à sa valeur comptable, mais plutôt en tenant compte des projections de rentabilité dans le futur. La cession sur base de la valeur comptable permettra à l'acquéreur de déduire les pertes et empêchera Belgacom de retirer une quelconque plus-value de la vente.