Entreprise

Il fallait y penser, trois jeunes Belges l’ont fait. Comme "La Libre" l’avait expliqué il y a quelques mois (voir LLB, 18/02), Bepark, une jeune PME bruxelloise propose une idée innovante à la problématique de la mobilité dans les grandes villes belges.

Celle-ci est criante, surtout à Bruxelles où le gouvernement régional a décidé de diminuer de 16 % les places de parking sur la voirie dans les prochaines années, soit 40000 emplacements en moins. L’objectif étant d’inciter les Bruxellois et les navetteurs à laisser au maximum leur voiture chez eux. Or, on estime déjà que 30 % du trafic de la capitale serait lié à la simple recherche d’une place de parking. La situation risque donc de se compliquer dans les années à venir. La solution de Bepark n’est pourtant pas de créer de nouveaux parkings, mais de mieux utiliser les places existantes. Car, c’est le paradoxe : que ce soit dans les entreprises, les supermarchés, les hôtels, des milliers de places sont sous-exploitées, voire inutilisées dans les grandes villes belges. Le concept de Bepark passe, pour l’automobiliste, par un téléphone portable et suit le principe du "parksharing", soit "la mise à disposition par une entreprise contre rémunération d’un emplacement de parking à certaines heures".

Première démarche : les automobilistes intéressés doivent ouvrir un compte via le site www.bepark.be ou l’application pour smartphone. Ils seront ensuite redirigés vers les places de parking disponibles près de l’endroit où ils se trouvent. Le paiement du parking se fait par domiciliation ou portefeuille électronique. "Nous visons deux types de clients, explique Julien Vandeleene, tout juste diplômé et déjà patron de Bepark, les particuliers qui cherchent un emplacement pour une courte ou longue durée et les clients business, tels que les restaurateurs, les exploitants de théâtres qui souhaitent offrir des emplacements dans des quartiers très fréquentés."

Encore faut-il trouver des fournisseurs de places de parking : "Ils sont chaque jour plus nombreux et sont divisés en trois catégories : l’hôtellerie, le "real estate" (Cofinimmo, ING, ) et la grande distribution", poursuit M. Vandeleene. Exemple ? Le "Match" de la place Albert à Forest, en face du très branché "bar du Matin", permet dorénavant aux abonnés de Bepark de profiter de ses places de parking en soirée pour un montant de 1,2 euro par heure ou un abonnement de 39 euros par mois. "Sans concurrence avec les tarifs en vigueur actuellement", nous signale-t-on.

Mais l’intérêt de ce principe ne concerne pas que le parking en soirée. Ainsi l’accord passé avec la BHA (Brussels Hotels Association) permet d’ouvrir le réseau à un autre public. "La journée, les places de parkings des hôtels sont souvent vides : les clients arrivent le soir et partent le matin", explique Rodolphe Van Weyenbergh, secrétaire général de la BHA. La PME a aussi eu l’intelligence de sonner à toutes les portes donnant accès aux aides publiques, rappelle le ministre Benoît Cerexhe (CDH), présent lors de ce lancement officiel. Elle est présente dans 5 villes belges (Anvers, Bruxelles, Saint-Trond, Bruges et Liège) et met à disposition un peu moins de 1000 places de parking au total.

Bepark veut aussi internationaliser son concept, "unique en Europe." D’ici 2013, elle compte s’installer en France, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Luxembourg et en Angleterre. Mais le plus gros potentiel se trouve en Espagne, où Bepark a touché le gros lot en suscitant l’intérêt de Telefónica, 3e acteur mondial de la télécommunication. L’opérateur espagnol a ainsi conclu un accord avec Bepark et compte développer le concept à grande échelle en Espagne. Ou quand David rencontre Goliath.