Bernanke combattra la déflation

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Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale (banque centrale américaine), n’a visiblement pas dit exactement les mots qu’attendaient les marchés.

Lors d’un discours très attendu, prononcé à l’occasion du symposium annuel organisé par la Fed à Jackson Hole dans le Wyoming, il a d’abord expliqué que la Fed prendrait les mesures "non conventionnelles" pour empêcher tout risque de déflation, à savoir une spirale négative de baisse des prix. En clair, il n’agira que s’il y a une détérioration des indicateurs économiques. Il fera tout pour éviter un scénario à la japonaise. Mais il n’agira pas de n’importe quelle manière.

Dans les outils possibles, il a fait allusion aux rachats de titres obligataires à long terme effectués par la banque centrale, lesquels avaient été efficaces en permettant une baisse des coûts du crédit. Il a ajouté croire que les avantages que procureraient, en cas de besoin, de nouveaux rachats de ce type seraient plus importants que leurs inconvénients. D’autres options, comme un engagement à maintenir des taux d’intérêt exceptionnellement bas pendant une période plus longue qu’anticipé actuellement par les marchés ou un relèvement des objectifs d’inflation de la Fed, seraient moins efficaces, a-t-il poursuivi.

C’est peut-être en disant cela qu’il a déçu les investisseurs qui espéraient avoir la promesse ferme d’un maintien des taux à des niveaux planchers pendant encore un certain temps. Il a aussi fait comprendre que rien n’était décidé pour remettre de l’huile dans le moteur de l’économie américaine. "A ce stade, le comité ne s’est pas mis d’accord sur des critères ou des seuils de déclenchement spécifiques d’actions supplémentaires", a-t-il dit.

Il a encore expliqué qu’une déflation ne constituait pas "un risque significatif pour les Etats-Unis actuellement", bien que, a-t-il aussi admis, l’inflation y est tombée au-dessous d’un niveau considéré par les responsables de la banque centrale comme conciliable avec une économie robuste. Il a aussi reconnu que la croissance américaine a été moins forte que prévu et que l’emploi a ralenti au cours des derniers mois jusqu’à tomber "à un rythme un peu plus lent que ne le prévoyaient la plupart des dirigeants" de la Réserve fédérale. En cause : des dépenses des consommateurs moins élevées qu’attendu et aussi un marché immobilier et de la construction non résidentielle très faible.

Le président de la Fed a tenu ces propos peu après la publication d’une révision en baisse de la croissance du PIB américain au deuxième trimestre, à 1,6 % en rythme annuel (contre un chiffre initial de 2,4 %), ce qui est nettement inférieur au potentiel du pays. Néanmoins, a ajouté M. Bernanke, "je prévois que l’économie continuera de croître au deuxième semestre, quoique à un rythme relativement lent", et, en dépit de la faiblesse des indicateurs récents, "les conditions préalables à une amélioration de la croissance en 2011 semblent être toujours là".

Cet avis semble être aussi partagé par de nombreux économistes américains qui ne croient pas à un retour à la récession. Et qui ont été plutôt rassurés par la révision en baisse moins forte que prévu du PIB au deuxième trimestre. "Il n’y a aucun doute, la reprise économique perd de la vitesse, souligne Robert Dye, économiste chez PNC Financial Services. Mais si l’on définit la récession comme étant le recul du PIB durant deux ou trois trimestres consécutifs, alors je pense que l’on n’en arrivera pas là."

Ben Bernanke croit à une reprise de la conjoncture américaine en 2011 pour plusieurs raisons. Un : le financement interbancaire reprend grâce à une diminution des craintes concernant les dettes souveraines. Deux : l’augmentation de l’épargne des ménages devrait avoir à terme des effets positifs sur l’économie.

"La perspective d’un maintien d’un taux de chômage élevé sur une longue période resterait un des motifs d’inquiétude primordiaux" de la Fed, a encore expliqué M. Bernanke.

Enfin, ce dernier a laissé entendre que les dirigeants de la Fed n’étaient pas nécessairement d’accord entre eux sur les conséquences de chacune des possibilités qui s’offrent à la banque centrale pour lutter contre une détérioration de l’économie. Il y a en a trois : acheter davantage de titres financiers à long terme de manière à maintenir bas ou réduire encore davantage les taux d’intérêts à long terme ; modifier la communication de la Fed en indiquant par exemple qu’elle compte maintenir son taux directeur quasi nul (en vigueur depuis décembre 2008) plus longtemps que ne le pensent les investisseurs ; abaisser le taux d’intérêts que la Fed sert sur les réserves excédentaires des banques placées chez elles de manière à stimuler le prêt.

AvC (avec AFP)

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