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Le tribunal de commerce de Liège a pris la décision de dessaisir Bernard Tapie de la gestion de ses sociétés belges GBT Holding - située initialement à Watermael-Boitsfort avant d'être apparemment transférée à Blégny - et d'Aircraft Management Services, peut-on lire dans l'Echo et le Vif.  Le tribunal aurait constaté plusieurs infractions de la part des sociétés en question et la gestion financière n'aurait pas été suffisamment transparente.

Pour rappel, l'homme d'affaires, touché par la maladie, avait évité il y a peu la liquidation judiciaire de ses sociétés en France.

Un administrateur désigné

Dans les deux cas est ordonnée, conformément au voeu du procureur du Roi, la désignation d'un administrateur judiciaire qui devra notamment "assurer la gestion journalière" des sociétés et faire certifier leurs comptes.

Il est également demandé à cet "administrateur provisoire", précisent les ordonnances, de représenter les sociétés devant le tribunal de commerce de Bruxelles au côté de leurs avocats "dans le cadre de la procédure en faillite pendante devant cette juridiction".

Il s'agit d'un des multiples développements judiciaires du litige vieux de plus de 20 ans entre M. Tapie et l'ex-Crédit lyonnais.

Ce conflit avait rebondi avec l'annulation en 2015 par la justice française de l'arbitrage en vertu duquel l'homme d'affaires s'était vu octroyer plus de 400 millions d'euros, en réparation du préjudice qu'il estimait avoir subi à la revente d'Adidas dans les années 1990.

En réaction, afin d'empêcher la saisie de ses biens par ses créanciers, le propriétaire du journal français La Provence a placé plusieurs sociétés en procédure de sauvegarde en France. Avant et après l'annulation de l'arbitrage, certains de ses actifs ont aussi été transférés en Belgique.

Ainsi pour le CDR, l'entité chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais et dont l'Etat français est l'unique actionnaire, GBT Holding "a été créée en 2010 pour transférer en Belgique une très large part des sommes allouées par les sentences arbitrales annulées, dont la justice française a ordonné de manière définitive et irrévocable le remboursement".

François Lemasson, président du CDR, s'est félicité dans un communiqué des décisions du tribunal de Liège, qui marquent, a-t-il estimé, "une étape importante dans les procédures engagées pour récupérer les sommes irrégulièrement perçues par Bernard Tapie".

Parallèlement aux procédures devant le tribunal de commerce de Liège - auquel l'administrateur judiciaire devra rendre compte de sa "mission" le 19 juin -, celui de Bruxelles est saisi de contestations opposées par M. Tapie à une demande de saisie de biens formulée par le CDR. Une décision y est attendue d'ici à la fin mai, selon l'un de ses avocats belges.