Entreprise

Le groupe de construction Besix communique assez rarement. Même la signature de contrats mirobolants ne donne pas lieu à de grandes festivités médiatiques. Juste des communiqués où l’on apprend qu’il a enlevé le contrat de la construction du futur grand musée d’Egypte, qui ouvrira ses portes en juillet 2015 dans le prolongement des pyramides de Gizeh (plus de 600 millions d’euros). Et celui du King Abdullah Sport City à Djeddah en Arabie saoudite (plus de 425 millions), pays dans lequel il revient après 30 ans d’absence. Ou encore celui d’un port dans le cadre du terminal GNL de Chevron à proximité d’Onslow, en Australie (200 millions), qui lui permet de faire ses premiers pas sur ce continent.

Même sur son "marché local" (Belgique, Pays-Bas, France), qui représente plus d’un tiers de son chiffre d’affaires, il est discret. Il a pourtant, entre autres chantiers, la 4e écluse de Lanaye, le projet "Kanaal" à Wijnegem (Anvers), la nouvelle école pour le Shape à Mons

Or, assez étonnamment, Besix se fend, chaque année, de la présentation de ses résultats. Sans doute en souvenir de son long passé de société cotée, même si, depuis avril 2004, elle est privée, fière de l’être et surtout bien décidée à le rester.

Mardi, Johan Beerlandt et son équipe ont donc fait le point sur le chiffre d’affaires 2011 du groupe (1,7 milliard d’euros, - 5 % par rapport à 2010), le résultat opérationnel (95,2 millions d’euros, + 7 %) et le résultat net part du groupe (91,3 millions d’euros, + 9,8 %), en forte progression entre autres du fait qu’il a pu lever le pied en matière de provisions. "3 % de rendement net sur chiffre d’affaires est un objectif que l’on doit viser, voire dépasser", indique Johan Beerlandt. "Pour 2011, il est de 5,3 %."

Plus encore que les résultats, ce sont les commandes engrangées qui sont "un très bon signe". Dans la construction, "il n’y a pas de revenus récurrents. Il faut continuellement réalimenter le carnet de commande", dit-il. Et intensément, car même si les marges restent importantes à l’étranger (plus de 80 % du bénéfice pour 50 % du chiffre d’affaires), elles sont moins bonnes que par le passé.

Pour l’heure, ledit carnet frise les 4 milliards d’euros. Mais Besix a dû batailler ferme pour le remplir. "Dans la mouvance de la croissance jusqu’en 2008, beaucoup de sociétés ont grandi, qui sont une concurrence importante", explique le CEO de Besix. Sans parvenir à cacher celle des Chinois, qui ne sont "ni compétiteurs, ni sérieux", poussant les prix vers le bas (jusqu’à - 30 %), subsidiés qu’ils sont par leur pays et profitant d’une main-d’œuvre quasi gratuite. Mais peut-être plus pour longtemps. "De plus en plus, leur (mauvaise) réputation les précède."

"On va là où on peut gagner notre vie", ajoute-t-il. En Belgique ? "Ce n’est pas un pays où il fait bon vivre pour un entrepreneur. Il y a peu de travail. Et le seul critère d’attribution, c’est le prix. Or, Besix n’a pas la logique du moins-disant dans son ADN." Une logique moins forte aux Pays-Bas où des valeurs comme le respect des normes environnementales, la sécurité peuvent compenser le prix.