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Les utilisateurs de solutions pour bloquer l’apparition des pubs en ligne sont de plus en plus nombreux. C’est une tendance que la plupart des acteurs du secteur ne pouvaient ignorer, à moins de faire l’autruche depuis des années. En Belgique, selon une toute récente étude de la société OnAudience, 37 % des Belges utilisent actuellement un ad-blocker. Conséquence : toutes ces pubs qui n’apparaissent pas sur les écrans sont autant d’argent perdu pour les parties prenantes de l’écosystème digital. 

Ce qu’on sait moins, c’est que la résistance à ce phénomène prend elle aussi de l’ampleur. Par le passé, certains éditeurs ont menacé de limiter ou supprimer l’accès à leurs contenus informatifs lorsqu’un internaute possédait une application d’ad-blocking. D’autres ont fait leur mea culpa à propos de l’excès d’annonces intrusives. D’autres enfin se tournent vers des réponses plus "frontales" : une entreprise comme OnAudience, qui ne publie évidemment pas une étude comme celle précitée sans avoir une idée derrière la tête, commercialise des bloqueurs d’ad-blockers. UnBlock, c’est son nom, permet aux éditeurs de sites Web de repérer les plug-in empêchant les pubs d’apparaître, pour ensuite les contourner purement et simplement. Ce genre de produit voit plus loin que la simple "victoire" face aux bloqueurs de pub : il propose également d’adapter les messages commerciaux aux profils des internautes, afin de leur proposer des contenus paramétrés. Résultat : OnAudience, dans une étude de cas accessible sur son site, affiche des taux de pages vues et des temps de lecture supérieurs aux canaux payants, tels que Google, que les annonceurs utilisent pour drainer du trafic et des clics. 

Le taux de rebond (soit le fait de quitter une page aussitôt après y avoir accédé) a, quant à lui, tendance à chuter grâce à ce profilage. Dans cet affrontement silencieux, ce sont les internautes les plus connectés, les plus actifs et les plus rôdés au Web qui sont explicitement visés par des solutions comme UnBlock. Car ce sont aussi eux qui font le plus d’achats en ligne et sont souvent les plus influents sur les réseaux. La lutte technologique entre les deux camps n’est pas prête de s’arrêter, chacun militant pour sa cause. Le cadre régulatoire n’y aidera pas. Ce sont donc les usagers et les acteurs du Web qui devront à terme évoluer vers une "paix digitale", en apprenant à faire autre chose qu’utiliser la dernière nouveauté en date pour bloquer ou débloquer celui qui se cache derrière son écran.