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Blokker Holding a annoncé mardi matin qu'il allait se concentrer uniquement sur les magasins Blokkers et, dès lors, se séparer des autres enseignes du groupe (dont certaines présentes en Belgique), que sont Intertoys, Maxi Toys, Bart Smit, Xenos, Big Bazar ou Leen Bakker. Ce changement de stratégie entraînera, dans les deux ans, la disparition de 1 900 emplois, desquels il faut retrancher les quelque 300 emplois qui vont être supprimés en Belgique au sein de l'enseigne Blokker. Une grosse inconnue subsiste sur le nombre de postes de travail qui seront conservés avec la mise en vente de ces enseignes. Un repreneur ne serait pas tenu de garder tous les magasins ouverts ni de préserver l'ensemble des postes de travail, sans compter que des fonctions faisant doublon seront sans doute supprimées.

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La société se concentre jusqu'à présent sur trois marchés ("articles ménagers", "jouets" et "maison") à travers sept enseignes. Cependant, "dans un marché qui devient de plus en plus compétitif et avec des clients de plus en plus exigeants, les chaînes de magasins doivent innover en permanence pour rester pertinentes et intéressantes. La rapidité, flexibilité et combativité commerciale nécessaires exigent une plus grande concentration", indique le groupe dans un communiqué.

C’est pourquoi Blokker Holding va se concentrer à l’avenir sur une seule chaîne de magasins : Blokker.

Une enseigne en restructuration

Dans cette stratégie, Blokker fermera environ 100 magasins d'ici à avril 2018. "Il s’agit de magasins structurellement en perte et qui se trouvent pour la plupart à des endroits non rentables", annonce Blokker. Le groupe avait déjà précisé précédemment son intention de fermer 69 magasins en Belgique. Six d'entre eux sont d'ores et déjà sauvés : cinq en Flandre (Renaix, Poperinge, Diest, Waregem et Evergem) et un en Wallonie, à Herstal. Une petite dizaine d'emplois seront ainsi préservés.

"Nous sommes tout à fait conscients que cette annonce aura un profond impact sur nos collaborateurs. Des emplois vont être supprimés chez Blokker, Marskramer et au siège de la holding. C’est une décision drastique pour nos collègues qui s’engagent à fond chaque jour pour servir nos clients et contribuer en coulisse à la modernisation au sein des différentes enseignes. Des mesures drastiques mais nécessaires qui permettront à Blokker, avec un bon assortiment, d’être et de rester important pour ses clients en ligne et dans les magasins. Et nous sommes convaincus que nos autres enseignes auront un bel avenir devant elles avec un nouveau propriétaire", a déclaré Casper Meijer, PDG de Blokker Holding.

Difficultés financières et concurrence d'Action

Pour Gino Van Ossel, professeur à la Vlerick business school, expert en marketing et commerce de détail, la décision de la famille Blokker de vendre ses filiales est compréhensible. “Le holding est en difficulté financière car ils ont tardé à se mettre au commerce en ligne et qu’ils subissent la concurrence de l’enseigne Action. Action n’a pas de web shop mais ses produits sont très bon marché et la gamme est fréquemment renouvelée. Cela séduit les consommateurs et a fait mal aux magasins Blokker”, explique-t-il. “Pour sauver cette enseigne”, poursuit Gino Van Ossel, “il faut beaucoup investir, dans le numérique et la transformation des magasins. Cela coûte évidemment moins cher de la faire pour une seule enseigne que plusieurs. Le produit de la vente des autres filiales permettra à la famille Blokker de concentrer ses investissements sur ses magasins du même nom, qui ont une chance de réussir, dans un périmètre plus réduit.”

Pourquoi conserver Blokker et pas les autres enseignes ? “Pour des raisons émotionnelles : elle porte le nom du fondateur. Car le secteur du jouet est en difficulté avec la concurrence forte de l’e-commerce. Leen Bakker est très rentable, en pleine forme et je crois qu’ils vont trouver un repreneur pour tous les magasins ou alors pour certains pays. La famille pourrait en obtenir un bon prix de vente”, avance le professeur.

Trois types de repreneurs potentiels

Quels types de repreneurs pourraient se manifester ? “J’en vois trois. Il y a un autre acteur de la distribution qui croit en la consolidation du marché et qui n’est pas encore présent en Belgique. Cela peut aussi être un investisseur financier ou bien une chaîne concurrente qui rachèterait quelques magasins dans certaines zones géographiques pour les faires passer sous son nom”, indique Gino Van Ossel.