Entreprise à Munich

Soleil radieux sur le BMW Welt comme sur les résultats de l’entreprise munichoise. A l’instar des autres constructeurs automobiles allemands, BMW a réalisé un excellent exercice 2010, avec 60,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 19,3 % de plus qu’en 2009 (50,7 milliards). Toutes les marques du groupe augmentent leur volume. BMW a vendu 1 224 280 véhicules, soit 14,6 % de plus qu’en 2009 (1 066 770). Les ventes de Mini sont passées de 216 538 en 2009 à 234 175, soit une croissance de 8,1 %. Rolls-Royce réalise le meilleur score de sa longue histoire, avec 2 711 automobiles de prestige écoulées dans le monde. Venant de 1 002, l’année précédente, cela fait une croissance record de 170,6 %.

Il s’agit d’une étape importante pour cet indéfectible symbole du grand luxe, dont les ventes tournaient autour du millier d’exemplaires depuis 2007. Ce grand bond en avant est non seulement un signe de reprise économique, mais il est aussi le résultat d’une extension de gamme avec le lancement de la petite - tout est relatif - Ghost, au prix de base compétitif de 257 000 euros en Belgique. Il faut compter 160 000 de plus pour une Phantom.

L’extension et le renouvellement de gamme expliquent la montée en puissance de toutes les marques du groupe. Chez BMW, l’entrée en lice du X1 a étendu l’offre en SUV (100 000 unités vendues); l’effet de la nouveauté est évident avec la Série 5 modèle 2010, écoulée à 238 500 exemplaires, en croissance de 35,5 % par rapport à 2009 (176 000 unités). Chez Mini, c’est le lancement de la plus grande et plus pratique Countryman qui a relancé des ventes passant de 216 à 234 000. Countryman s’est écoulé à 14 337 exemplaires.

La nouveauté est l’une des clés du succès, mais pas la seule. Le plus remarquable, dans ces résultats 2010, est la croissance du bénéfice net de BMW Group, qui est passé de 210 millions d’euros à 3,23 milliards sur un an. La firme munichoise engrange ainsi les fruits de son plan "Strategy Number ONE", lancé par le directoire en 2007, avant la crise financière. ONE, pour Opportunities New Efficiency. En clair, il s’agissait pour le groupe d’être plus rentable, afin de faire bonne figure devant les actionnaires, mais aussi pour sauvegarder cette indépendance qui fait sa fierté de constructeur automobile haut de gamme.

Cette stratégie s’est appliquée notamment sur les fournisseurs, par l’établissement d’une nouvelle relation à long terme avec des partenaires fiables, à des prix acceptables. "BMW n’est pas le plus grand donneur d’ordre de l’industrie automobile, commente Christophe Weerts, porte-parole de la marque , mais nous accompagnons certains fournisseurs dans leur effort de réduction des coûts de production."

La stratégie commerciale a, elle aussi, évolué, qui privilégie les marchés comme la Russie ou la Chine, où l’on mégote moins sur les prix qu’en Belgique, par exemple. A force de pinailler sur le dernier rivet, la clientèle belge finira par être la dernière servie Car le raisonnement industriel est à l’avenant. Responsable des ventes pour l’Europe (hors Allemagne), Ludwig Winnich explique : "Il vaut mieux produire une voiture de moins que la demande, plutôt qu’une de trop."

Il faut reconnaître au constructeur allemand un réel flair pour avoir lancé la réduction de consommation/pollution sur ses véhicules luxueux et performants. Aujourd’hui, une 520 de 163 ch n’émet que 129 g de CO2/km. La renaissance de la Mini était aussi une trouvaille "et ce n’est pas anodin si certains concurrents s’y réfèrent", sourit Christophe Weerts. Une Série 1 de seconde génération, cette année, la nouvelle Série 3, en 2012, la i3 électrique puis la i8 hybride en 2013, une petite BMW, traction partageant sa plate-forme avec Mini, en 2014 : l’offensive produits ne faiblit pas, et la mondialisation du groupe s’accélère. Cela permet aux responsables de la marque d’envisager raisonnablement le million et demi de voitures vendues cette année, sachant que, jusqu’ici, le record absolu a été atteint en 2007, avec 1 500 678 unités. Et de placer déjà les deux millions dans la ligne de mire, au-delà du capot.